L'Assemblée consacre les dates des deux journées nationales liées à l'esclavage

L'Assemblée nationale a adopté mercredi des amendements au projet de loi sur "l'Egalité réelle outre-mer" visant à consacrer dans la loi les dates des journées de commémoration de l'esclavage et d'hommage aux victimes de l'esclavage des 10 mai et 23 mai.

Sur ces amendements, portés par le rapporteur Victorin Lurel (PS) et François Pupponi (PS), la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts s'en est remis à la sagesse des députés, indiquant que le gouvernement souhaitait que "la discussion continue" sur ce sujet.

Les amendements adoptés lors de l'examen de ce texte en première lecture, stipulent que "la République française institue la journée du 10 mai comme journée nationale de commémoration de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, et celle du 23 mai comme journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial".

Le 10 mai est la date retenue pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, célébrée depuis 2006 et issue de la loi Taubira de reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité (2001). Le 23 mai est la date de l'abolition de l'esclavage en 1848 et a été marquée par une grande marche silencieuse d'ultra-marins en 1998.

Dans l'exposé des motifs de son amendement, M. Pupponi note que "les dates du 10 et du 23 mai sont aujourd'hui célébrées et reconnues par les institutions de la République", mais fait état d'une "relative faiblesse juridique" autour de ces dates qui reposent sur une circulaire de 2008, jugeant important que celle-ci soit "consolidée".

Dans l'hémicycle, où le vote de ces amendements a été ponctué d'applaudissements, M. Lurel a mis en avant un texte "symbolique", François Pupponi y voyant "un moment particulièrement important" qui permettrait "d'assurer juridiquement" la réalité de ces deux dates.

La ministre des Outre-Mer Ericka Bareigts a relevé pour sa part que "depuis 2012, le gouvernement et le président de la République en particulier, a mené une tâche très importante autour de la mémoire".

Elle a estimé que ces amendements constituaient "une nouvelle étape dans la construction de la mémoire de France en instituant les deux journées" en question. "Je tiens ici à souligner que le gouvernement travaille aujourd'hui à la préfiguration d'une fondation, dont la mission est présidée par Lionel Zinsou, sur l'histoire de la mémoire de l'esclavage qui aura vocation à porter cet enjeu", a-t-elle indiqué, avant d'ajouter que le gouvernement souhaitait donc "que la discussion continue sur tous ces sujets".

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