Le président soudanais Omar el-Béchir a prolongé lundi de deux mois un cessez-le-feu qu'il avait décrété unilatéralement dans trois régions du pays où les combats entre forces gouvernementales et rebelles ont coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes.
Décrété en juin pour une durée de quatre mois, le cessez-le-feu est prolongé "jusqu'à la fin de l'année" au Darfour et dans les États du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud, a affirmé M. Béchir sans donner de date précise.
Les combats dans les deux États méridionaux du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud ont diminué depuis juin, mais principalement à cause des pluies diluviennes qui rendent les routes impraticables et empêchent toute opération militaire.
Au Darfour (ouest) cependant, de violents combats continuent de faire rage, notamment dans la zone montagneuse du Jebel Marra.
Amnesty International a accusé fin septembre les forces gouvernementales d'avoir mené une trentaine d'attaques chimiques cette année sur des villages de Jebel Marra, dans le cadre d'une vaste campagne militaire contre les rebelles.
Les violences au Darfour ont éclaté en 2003 quand des rebelles issus de minorités ethniques se sont soulevés contre le président soudanais et son gouvernement majoritairement constitué d'Arabes, les accusant de les marginaliser.
Des rebellions similaires ont eu lieu dans les Etats du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud après la sécession du Soudan du Sud en 2011.
L'annonce du prolongement du cessez-le-feu est intervenu au cours de la dernière session du dialogue national, lancé par Khartoum en octobre 2015 pour résoudre les problèmes économiques et les insurrections qui minent le pays. Il avait été boycotté par les groupes d'opposition armée les plus importants.
Les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et tchadien Idriss Deby ont assisté lundi à cette session de clôture au cours de laquelle M. Béchir a soumis un "document national" destiné à servir de cadre pour une nouvelle Constitution du Soudan. Il a été signé par le gouvernement et certains petits groupes rebelles qui participent aux pourparlers avec le régime.
"Le document est un accord (qui stipule) qu'à partir d'aujourd'hui, personne n'aura recours à la violence pour des raisons politiques", a affirmé M. Béchir qui est réclamé depuis 2009 par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour.
Le conflit dans cette région de l'ouest du Soudan a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU.
