Gabon: l'opposition pro-Ping transmet des informations à la CPI

Des avocats représentant l'opposant gabonais Jean Ping ont transmis jeudi à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) un dossier accusant Libreville d'avoir commis des crimes contre l'humanité lors des violences qui ont suivi cet été la réélection contestée du président Ali Bongo.

Ce dossier est le "fruit de trois mois d'enquêtes menées au Gabon et à l'étranger, qui démontre l'existence de crimes contre l'humanité commis par les autorités gabonaises", a affirmé l'équipe de l'avocat français Emmanuel Altit dans un communiqué.

Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, avait annoncé fin septembre l'ouverture d'un examen préliminaire dans le pays après avoir été saisie du dossier par le Gabon, pays ayant ratifié le Traité de Rome, statut fondateur de la Cour.

Cet examen préliminaire, étape préalable à l'ouverture d'une enquête, n'est pas limité à un camp ou un autre mais se penche sur l'ensemble de la situation.

Dans le cadre de ses autres examens en Afghanistan, en Colombie ou en Palestine, la procureure reçoit de nombreuses communications de la part d'ONG ou d'avocats, et peut décider d'inclure ou non ces informations à sa procédure.

Manifestations d'opposants brutalement réprimées, pillages, Assemblée incendiée, QG de Jean Ping pris d'assaut, interpellations par centaines...: entre le 31 août et le 4 septembre, le petit pays d'Afrique centrale a vécu un des épisodes les plus violents de son histoire dès la proclamation de la réélection d'Ali Bongo, après le scrutin à un tour du 27 août.

S'autoproclamant "président élu" et dénonçant des fraudes électorales dans un fief de M. Bongo, Jean Ping avait saisi la Cour constitutionnelle, qui a rejeté son recours.

Les troubles ont fait trois morts selon les autorités, alors que des partisans de Jean Ping parlent d'un bilan d'au moins 26 morts et de plusieurs disparus.

Selon Emmanuel Altit, "il ressort que les forces de l'ordre gabonaises se sont livrées, en particulier le 31 août 2016 à Libreville, à une attaque planifiée contre la population civile destinée à permettre le maintien au pouvoir" du président Bongo, ce qui, assure-t-il, constitue un crime contre l'humanité.

Basée à La Haye, la CPI est compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002.

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