Les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) entendront en mars l'appel de l'ancien dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic et de ses cinq co-accusés, condamnés pour avoir tué et déporté des populations musulmanes durant la guerre de Bosnie.
"La chambre d'appel ordonne qu'une audience prenne place du 20 au 24 et les 27 et 28 mars 2017", a indiqué le TPIY dans un décision publiée vendredi.
Les six anciens hauts responsables militaires et politiques des Croates de Bosnie avaient été condamnés en mai 2013 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis à l'encontre des musulmans lors de cette guerre (1992-1995) qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Jadranko Prlic, âgé aujourd'hui de 57 ans, a été condamné à 25 ans de prison pour avoir forcé le transfèrement de populations musulmanes en Bosnie et avoir eu recours à des meurtres, des viols, des destructions de biens civils dans le but de créer une "grande Croatie".
L'ancien président du gouvernement des Croates de Bosnie était poursuivi pour avoir créé et participé, entre 1991 et 1994, à une entreprise criminelle commune "en vue de soumettre politiquement et militairement les Musulmans de Bosnie et autres non-Croates" en Herceg-Bosna, entité croate unilatéralement proclamée dans le sud-ouest de la Bosnie-Herzégovine.
D'abord président de la Communauté croate de Herceg-Bosna, puis Premier ministre de la République Croate de Herceg-Bosna, Jadranko Prlic est en procès devant le TPIY depuis 2006.
Les co-accusés de M. Prlic, dont Bruno Stojic, ancien ministre de la Défense, Slobodan Praljak, ancien officier supérieur dans l'armée croate, et Milivoj Petkovic, ancien responsable des forces armées d'Herceg-Bosna, avaient été condamnés à des peines allant de dix à vingt ans de prison.
Les suspects, qui s'étaient livrés au tribunal, avaient tous plaidé non coupable.
La guerre de Bosnie a essentiellement opposé les Musulmans aux Serbes, mais Croates et Musulmans se sont également combattus.
