Roumanie: de nouvelles personnalités visées par l'enquête sur la répression de 1990

L'ancien chef de gouvernement roumain Petre Roman est à son tour visé par l'enquête pour "crimes contre l'humanité" concernant la répression qui avait fait quatre morts et un millier de blessés à Bucarest en 1990, a annoncé le parquet militaire roumain vendredi.

Comme l'ex-président Ion Iliescu, poursuivi depuis octobre 2015, M. Roman ainsi que l'ex-vice-Premier ministre Gelu Voican Voiculescu et le chef du renseignement de l'époque, Virgil Magureanu, font désormais l'objet de cette enquête, a-t-il été précisé.

Ils sont soupçonnés d'avoir "décidé, organisé et coordonné une attaque généralisée et systématique" contre des manifestants qui s'étaient réunis place de l'Université à Bucarest en juin 1990, a indiqué le procureur militaire Marian Lazar dans un communiqué.

En juin 1990, six mois après le renversement du régime communiste, des milliers de mineurs avaient déferlé sur Bucarest pour prêter main forte aux forces de l'ordre dans la répression d'une manifestation marathon contre le nouveau président Ion Iliescu.

Quatre personnes avaient été tuées et 1.269 autres blessées.

Mis en examen en 2005 pour "meurtres et tentative de meurtres", M. Iliescu, qui affirme n'avoir "rien à (se) reprocher", avait vu les poursuites à son encontre annulées en 2007 pour vices de procédure.

L'instruction, qui vise désormais 32 personnes, a été relancée en mars 2015, suite à la condamnation en septembre 2014 de Bucarest par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui avait pointé une enquête "lacunaire et déficiente".

Parmi les personnalités poursuivies dans ce dossier figure également l'ancien chef des mineurs roumains Miron Cozma, déjà condamné pour avoir organisé une autre violente manifestation de mineurs en janvier 1999.

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