La commission des Affaires étrangères du Sénat américain a approuvé lundi la nomination par Donald Trump de Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil, à la tête du département d'Etat, malgré l'opposition démocrate.
Les sénateurs de la commission ont voté par 11 voix contre 10 en sa faveur, tous les républicains votant oui et tous les démocrates non. C'est désormais à l'ensemble des sénateurs de voter pour finaliser cette nomination, à une date qui n'a pas encore été programmée.
Les réserves de plusieurs élus conservateurs, comme John McCain et Marco Rubio, ont finalement été vaincues. Ils s'étaient émus des relations passées du patron du géant pétrolier avec les autorités de Russie, où ExxonMobil a des intérêts importants, et du refus de Rex Tillerson, lors de son audition au Sénat, d'accuser Vladimir Poutine de crime de guerre en Syrie.
"Étant donnée l'incertitude existant dans notre pays et à l'étranger vis-à-vis de notre politique étrangère, retarder inutilement sa confirmation, ou l'entacher de controverse, desservirait nos intérêts nationaux", a déclaré Marco Rubio sur Facebook lundi, après avoir fait monter le suspense pendant des semaines.
Devant les sénateurs, Rex Tillerson s'était démarqué le 11 janvier du président républicain dans quelques dossiers géopolitiques, y compris la Russie, dont le président Trump veut se rapprocher.
"La Russie représente aujourd'hui un danger", a-t-il jugé, assurant que Washington et Moscou ne seraient "probablement jamais amis" car leurs "systèmes de valeurs sont clairement différents". Il a condamné le fait que Moscou ait "envahi l'Ukraine en s'emparant de la Crimée et apporté son soutien aux forces syriennes", réclamant une "réponse vigoureuse" des Etats-Unis.
Il avait aussi fait entendre sa différence en assurant que les Etats-Unis resteraient impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Aucune de ces nuances n'a permis à l'ex-patron de gagner la moindre voix de l'opposition démocrate.
"Je crains que M. Tillerson ne conseille pas au président de garder les sanctions en place contre la Russie", a déclaré le sénateur démocrate Ben Cardin. "Et il ne semble guère intéressé par le projet de nouvelles sanctions que j'ai déposé avec le sénateur McCain".
La prochaine étape est un vote en séance plénière. A moins de défections, la majorité républicaine de 52 sièges sur 100 devrait suffire à sa confirmation.
Rex Tillerson succèdera au démocrate John Kerry qui a quitté jeudi dernier son poste après quatre ans. C'est le numéro 3 du département d'Etat, le directeur politique Thomas Shannon, qui assure l'intérim de ministre des Affaires étrangères.
Lundi soir, le Sénat devait voter séparément en plénière sur la nomination de l'élu conservateur Mike Pompeo à la tête de la CIA.
