Serbie : Le TPIY en appelle à Interpol pour arrêter 3 proches de Seselj

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a demandé mardi à Interpol d'émettre des avis de recherche pour l'arrestation de trois Serbes accusés de subornation de témoins dans deux procès contre l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj.

Le TPIY a émis en janvier 2015 des mandats d'arrêt contre deux membres de l'équipe de défense de l'ultranationaliste Vojislav Seselj, Petar Jojic et Vjerica Radeta, et contre l'un des proches de M. Seselj, Jovo Ostojic. Ce tribunal de l'ONU reproche depuis à la Serbie de ne pas coopérer pour leur arrestation.

Le juge Alphons Orie demande que "soit recherché le concours d'Interpol en vue de l'émission d'une notice rouge sur ces personnes, sur la base des mandats d'arrêts" du TPIY.

Selon lui, il est clair "que la Serbie continue de ne pas remplir ses obligations et empêche la justice de suivre son cours".

Vojislav Seselj, à la tête du parti radical (SRS) qui représente la principale force d'opposition au parlement depuis avril 2016, avait été acquitté en mars 2016 lors d'un procès où il était accusé de nettoyage ethnique contre des Croates, des Musulmans et d'autres non-Serbes pendant les guerres de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Selon le mandat d'arrêt du TPIY, MM. Jojic et Ostojic auraient approché illégalement un témoin à charge dans ce procès. Ce témoin aurait été poussé à "signer sans la lire une déclaration" corrigée par la défense de Seselj.

L'avocate Vjerica Radeta aurait elle approché un témoin à charge dans une affaire d'outrage au TPIY contre M. Seselj. Lors de ce procès pour outrage, M. Seselj avait été condamné en 2012 à deux ans de prison.

Les trois personnes ont été inculpées en décembre 2014 par le tribunal pour "outrage au tribunal sous le soupçon d'avoir menacé, intimidé, cherché à corrompre ou interféré d'autres manières" avec des témoins.

M. Seselj avait été autorisé à retourner en Serbie en 2015 pour être soigné d'un cancer et n'avait pas assisté à son procès en 2016.

Depuis, il n'a cessé de critiqué le tribunal de l'ONU. En 2016, le ministre serbe de la Justice, Nikola Selakovic, avait jugé "arrogant" le comportement du TPIY contre le représentant serbe et annoncé l'envoi d'une "note de protestation" à la cour internationale.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.