Le Premier ministre de Serbie Aleksandar Vucic, ancien ultra-nationaliste converti au libéralisme pro-Européen, sera candidat à l'élection présidentielle de ce printemps, a annoncé mardi son parti, le SNS.
La direction du Parti serbe du progrès a proposé cette candidature "à l'unanimité", selon un communiqué.
Favori pour succéder à Tomislav Nikolic, dont le mandat expire en mai, Aleksandar Vucic devrait être opposé à celui dont il fut un collaborateur, l'ultranationaliste d'extrême droite Vojislav Seselj, acquitté en mars 2016 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui le jugeait pour crimes commis durant les conflits des années 1990.
Devraient également se présenter deux centristes, Vuk Jeremic, récent candidat au poste de secrétaire général de l'ONU, et Sasa Jankovic, ex-médiateur de la République, populaire parmi l'intelligentsia citadine pro-occidentale.
Agé de 46 ans, Aleksandar Vucic est l'homme fort de la Serbie depuis 2012, bâtissant sa popularité sur un mélange de réformisme économique, de libéralisme, de charisme et de rhétorique parfois autoritaire, se plaçant au-dessus des partis pour s'adresser directement au peuple.
Théoriquement, le rôle de président est honorifique. Mais les observateurs politiques sont convaincus que l'emprise d'Aleksandar Vucic sur l'appareil gouvernemental et sur son parti, alliée à sa popularité, lui permettra de conserver la réalité du pouvoir.
En avril 2016, le SNS avait largement remporté des législatives anticipées convoquées afin d'offrir à Aleksandar Vucic mandat pour poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne, qu'il avait entamées en 2014.
Celles-ci divisent la population, dont une frange importante est résolument prorusse.
Aleksandar Vucic a été ministre de l'Information de Slobodan Milosevic durant la guerre du Kosovo (1998-99). Il avait même compté en 2006 parmi les responsables qui avaient publiquement rendu hommage, autour de son cercueil, à l'ex-homme fort de la Serbie.
Mais en 2008, il avait rompu avec le parti radical de Seselj, se ralliant à un rapprochement avec l'Occident, tout en expliquant vouloir conserver de bonnes relations avec la Russie.
L'UE lui sait gré d'avoir adopté une attitude plus accommodante sur la question du Kosovo.
L'opposition lui reproche son autoritarisme, notamment vis-à-vis des médias, et de n'avoir pas rempli ses promesses en matière de lutte contre la corruption. Il répond qu'il est le seul politique serbe à bénéficier du soutien d'une large partie de la population.
Le scrutin, dont la date exacte n'a pas encore été fixée, devrait se tenir en avril.
