Un ancien directeur de prison du régime communiste roumain, aujourd'hui octogénaire, a été renvoyé devant la justice jeudi en vue d'un procès pour les "traitements inhumains" infligés aux opposants politiques dans les années 1960, a annoncé le parquet général.
Marian Petrescu, 85 ans, est accusé d'avoir soumis à un régime d'"extermination" et "infligé des tortures physiques et psychiques" aux détenus, des opposants au régime communiste pour la plupart, incarcérés dans la prison de Galati (est de la Roumanie) qu'il commandait entre 1959 et 1966.
"Affamés, privés de soins médicaux et de chauffage pendant l'hiver, incarcérés dans des conditions misérables, roués de coups": 102 détenus sont morts à Galati durant le mandat de M. Petrescu, selon les procureurs.
Il s'agit, depuis la chute du communisme en 1989, du troisième commandant de prison renvoyé en justice, à la suite de plaintes déposées par l'Institut de recherche sur les crimes du communisme (IICCMER).
Les autorités ont longtemps réchigné à se pencher sur cette période sombre de l'histoire. Une première plainte déposée par l'IICCMER en 2006 contre 210 anciens gardiens ou commandants de prison avait été rejetée.
Le parquet avait finalement donné suite en 2013 à la plainte déposée par l'IICCMER contre Alexandru Visinescu, ancien commandant de la prison de Ramnicu Valcea (est), condamné en appel en 2015 à 20 ans de prison ferme pour "crimes contre l'humanité". Ioan Ficior, ex-commandant du camp de Periprava (est), a ensuite été condamné à 20 ans de prison en première instance, début 2016. Son procès en appel est en cours.
Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques sous le régime communiste, entre 1945 et 1989, selon le musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.
Les vagues de répression les plus sévères ont eu lieu dans les années 1950. La chute en décembre 1989 du dictateur Nicolae Ceausescu, arrivé au pouvoir en 1965, avait marqué la fin du communisme en Roumanie.
