Interpol relaie une demande de l'ONU d'arrêter trois Serbes

Interpol a relayé au niveau international une demande du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie d'arrêter trois Serbes accusés de subornation de témoins dans des procès contre l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, a annoncé vendredi l'instance judiciaire de l'ONU.

A Belgrade, le ministre en charge de la coopération avec le Tribunal, Rasim Ljajic, a prévenu que les autorités serbes n'arrêteraient pas ces trois personnes, dont une député du parti radical (extrême droite ultranationaliste), dirigé par Vojislav Seselj.

Cité par l'agence Beta, Rasim Ljajic a expliqué que la loi serbe ne permettait d'arrêter que les personnes accusées de crimes de guerre ou contre l'humanité, mais pas celles poursuivies pour subornation de témoins ou d'outrage à la cour.

Les "notices rouges", émises par Interpol à la demande du TPIY et en vigueur "depuis le 16 mars", visent "à localiser et arrêter les accusés Petar Jojic, Jovo Ostojic et Vjerica Radeta", avait précisé le tribunal dans un communiqué publié au préalable à La Haye.

Diffusée à 190 pays, la "notice rouge" est une demande d'arrestation à des fins d'extradition, émise à la demande d'un membre d'Interpol. C'est "un des outils les plus puissants pour poursuivre des fugitifs internationaux", selon l'organisation de coopération policière.

Le TPIY cherche depuis janvier 2015 à arrêter ces trois personnes, dont deux membres de l'équipe de défense de Vojislav Seselj (Petar Jojic et Vjerica Radeta), le troisième étant un proche de l'ultranationaliste. Le tribunal de l'ONU reproche depuis à la Serbie de ne pas coopérer pour leur arrestation.

Candidat à la présidentielle qui doit se tenir dimanche, Vojislav Seselj avait été acquitté en mars 2016 lors d'un procès où il était accusé de nettoyage ethnique contre des Croates, des Musulmans et d'autres non-Serbes pendant les guerres de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Selon le mandat d'arrêt du TPIY, MM. Jojic et Ostojic auraient approché illégalement un témoin à charge dans ce procès. Ce témoin aurait été poussé à "signer sans la lire une déclaration" corrigée par la défense de Seselj.

L'avocate Vjerica Radeta aurait approché un témoin à charge contre M. Seselj dans une affaire d'outrage au TPIY. Dans ce dossier, M. Seselj avait été condamné en 2012 à deux ans de prison.

Les trois personnes ont été inculpées en décembre 2014 par le tribunal pour "outrage au tribunal sous le soupçon d'avoir menacé, intimidé, cherché à corrompre ou interféré d'autres manières" avec des témoins.

M. Seselj avait été autorisé à retourner en Serbie en 2015 pour être soigné d'un cancer et n'avait pas assisté à son procès en 2016.

Depuis, il n'a cessé de critiqué le tribunal de l'ONU. En 2016, le ministre serbe de la Justice à l'époque, Nikola Selakovic, avait jugé "arrogant" le comportement du TPIY contre le représentant serbe et annoncé l'envoi d'une "note de protestation" à la cour internationale.

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