François Fillon, candidat Les Républicains (LR) à la présidentielle, a dit vendredi que l'on pouvait "comprendre" la "riposte américaine" à l'attaque chimique présumée en Syrie, tout en demandant à ce qu'elle ne conduise pas "à une confrontation" entre l'Occident d'un côté, la Russie et l'Iran de l'autre.
"Cette riposte américaine, que l'on peut comprendre au vu de l'horreur des attaques chimiques, ne doit pas conduire à une confrontation directe des forces occidentales avec celles de la Russie et de l'Iran. Ce serait un terrible danger pour la paix", écrit l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dans un communiqué.
Pour lui, "l'usage des armes chimiques constitue un crime de guerre qui ne doit pas rester impuni", alors qu'un raid imputé à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest) a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et provoqué une indignation internationale. Les images de victimes agonisantes ont choqué le monde.
"Les Etats Unis ont décidé unilatéralement de frapper les forces du régime syrien en représailles après l'attaque de Khan Cheikhoun", relève M. Fillon.
"La France doit exiger que l'enquête des Nations unies soit conduite dans les meilleurs délais et que les mesures nécessaires soient prises pour faire respecter l'interdiction d'utilisation des armes chimiques", demande-t-il.
"Elle doit exiger que le Conseil de sécurité des Nations Unies mette tout en oeuvre pour trouver les voies d'un accord qui évite les risques d'un embrasement dangereux pour la paix mondiale" souhaite encore le député de Paris, critique de la politique extérieure française et partisan d'un "dialogue" plus approfondi avec Moscou.
Lors d'un déplacement en Auvergne, le candidat a ensuite fait une brève allocution, réaffirmant que la riposte américaine est à ses yeux "compréhensible mais dangereuse" et disant craindre "une escalade qui peut conduire à un conflit généralisé".
"C'est le moment pour la France de faire entendre sa voix, pas de suivre aveuglément la politique de Washington", a-t-il affirmé, estimant notamment que la France doit "prendre l'initiative de remettre autour de la table à travers le Conseil de sécurité les Russes, les Iraniens et les Américains, parce que rien ne serait plus dangereux qu'un affrontement direct entre ces grandes puissances".
"C'est maintenant qu'il faut le faire, c'est la responsabilité du président de la République et j'ai envie de dire que malheureusement demain, il sera peut être trop tard", a-t-il ajouté.
