CPI: des organisations exigent une enquête sur des "crimes contre l'humanité" au Mexique

Des organisations ont exigé mercredi auprès de la Cour pénale internationale l'ouverture d'une enquête préliminaire sur la situation dans le nord du Mexique, où des actes de torture, des meurtres et des disparitions font partie du quotidien depuis une décennie.

"Avec l'aide du cartel Los Zetas, les autorités mexicaines se rendent coupables de crimes contre l'humanité depuis 2009", a déclaré lors d'une conférence de presse à La Haye Jimena Reyes, directrice pour les Amériques au sein de la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH).

Avec le soutien d'une centaine d'associations à travers le monde, la FIDH a rendu public un rapport de 72 pages qui sera présenté jeudi au procureur général de la CPI.

"Nous demandons l'ouverture d'une enquête préliminaire, première étape pour que l'Etat mexicain reconnaisse que des crimes contre l'humanité sont commis au Mexique", a poursuivi Jimena Reyes. "Il faut que cela cesse, la situation est d'une cruauté qui dépasse tout entendement."

Le rapport se concentre sur l'Etat de Coahuila, à la frontière du Texas, où officiellement 1.830 personnes sont disparues. Il est basé sur l'analyse de 500 cas de "torture, de privation de liberté et de disparitions forcées".

Après une décennie de guerre sur fond de trafics de drogue, le nombre de victimes au Mexique ne cesse de grandir. Plus de 200.000 morts et 32.000 disparus ont été reconnus par le gouvernement.

La FIDH accuse de gouvernement de détenir "une grande part de responsabilité dans les crimes commis" et dénonce une "collaboration des autorités avec le groupe de crime organisé Los Zetas qui contrôle l'Etat de Coahuila, ciblant de manière systématique la population civile."

Des cadavres suspendus à des ponts, décapités, calcinés ou encore enterrés dans des fosses communes sont devenus des images presque familières pour les Mexicains, tandis que les militaires ont été accusés de pratiquer la torture, de se livrer à des exécutions sommaires ou des disparitions.

Arrivé au pouvoir en décembre 2012, le président Enrique Pena Nieto avait promis un "Mexique en paix" après que son prédécesseur eut déployé l'armée dans le pays. Mais la stratégie de sécurité reste inchangée, en dépit des critiques des organisations internationales de défense des droits de l'homme.

"Nous insistons auprès de la CPI car l'Etat mexicain n'a pas la capacité, ou n'a pas la volonté, de rendre justice aux victimes ou aux disparus. Mais il y a urgence", a conclu Ariana Garcia, avocate représentant une association de victimes. Elle vit sous la protection constante de huit gardes du corps.

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