L'organisation Médecins sans Frontières (MSF), dont l'hôpital avait été sévèrement bombardé par les Américains en Octobre 2015, est de retour à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, où elle a ouvert samedi une petite clinique.
Cet établissement de jour fonctionnera sept jours sur sept pour traiter principalement les "petites blessures et les petites brûlures" mais sera fermé la nuit, a précisé à l'AFP Silvia Dallatomasina, responsable des programmes de MSF en Afghanistan.
"Nous avons décidé de reprendre nos activités médicales à Kunduz en raison des besoins exprimés sur place, mais nous devons procéder pas à pas et cette clinique est la première étape", justifie-t-elle.
La nouvelle clinique démarre avec un médecin et cinq infirmiers, précise Silvia Dallotomasina.
"Simultanément, nous sommes en train de finaliser les accords avec les différentes parties au conflit en vue de l'ouverture d'un hôpital courant 2018" a-t-elle assuré. "Il s'agira d'un nouveau bâtiment", distinct de la clinique située en centre-ville.
Le retour de MSF à Kunduz revêt une portée hautement symbolique.
Dans la nuit du 3 octobre 2015, l'hôpital de traumatologie opéré par l'ONG internationale à Kunduz, le seul de cette envergure dans le nord-est de l'Afghanistan, a été la cible de plusieurs raids aériens conduits par les forces américaines qui ont fait au moins 42 morts, dont 24 patients et 14 membres du personnel de MSF.
MSF avait pourtant donné quelques jours avant les coordonnées GPS de l'établissement à tous les protagonistes du conflit - forces régulières afghanes, talibans et coalition occidentale.
En avril 2016, le Pentagone avait rendu son rapport d'enquête et reconnu que certaines règles n'avaient pas été respectées, mais jugeait en conclusion qu'il ne s'agissait d'un crime de guerre car la bavure ne résultait pas d'un acte intentionnel, mais d'une "combinaison d'erreurs humaines".
MSF continue de réclamer une enquête indépendante.
L'ONG présente en Afghanistan depuis les années 1980 opère dans la capitale du Helmand (sud), Lashkar-Gah, un des épicentres du conflit, dans une maternité de Kaboul et à Khost, dans le sud-est du pays près de la fontière pakistanaise, où sa maternité enregistre un nombre toujours croissant de naissances (17.900 en 2015 et un record de 58 par jour en décembre 2015) qui lui vaut le surnom de "l'usine à bébés".
