Afghanistan: Hekmatyar pour un gouvernement fort et les élections

L'ancien chef de guerre afghan Gulbuddin Hekmatyar, rentré au pays fin avril après vingt ans d'exil, a plaidé samedi pour un gouvernement fort et défendu le processus électoral, "seule voie d'accès au pouvoir".

"La situation en Afghanistan exige un gouvernement central fort conduit par un président puissant, sans cela il sera impossible de ramener la paix et la stabilité" a-t-il estimé: "Comment un président incapable de nommer ou de démettre un gouverneur peut-il gagner la guerre?"

M. Hekmatyar, qui recevait pour la première fois la presse étrangère depuis son retour, traîne une réputation sulfureuse qui effraie toujours beaucoup d'Afghans, héritée notamment de son mandat de Premier ministre au début des années 90: les féroces bombardement ordonnés sur la capitale lui ont valu le surnom de "Boucher de Kaboul".

M. Helkmatyar qui a signé en septembre un accord de paix avec le président Ashraf Ghani, ouvrant la voie à son retour, a "beaucoup de critiques à émettre contre le gouvernement" d'union nationale imposé au terme du scrutin indécis de 2014.

"Mais nous n'userons que de moyens légaux pour changer la situation: les élections sont la seule voie possible vers le pouvoir" promet-il, même s'il affirme "n'avoir pas encore pris de décision définitive concernant (la) participation au processus" de son parti, le Hezb-i-Islami.

Les prochaines législatives se tiendront en octobre 2018.

Gulbuddin Hekmatyar critique aussi la stratégie américaine en Afghanistan: "la guerre ne peut être gagnée en augmentant le nombre des troupes étrangères ni celui de forces locales illégales", allusion aux milices comme l'ALP, la police locale créée par les Américains pour soutenir les forces gouvernementales en zone rurale.

Plus de 13.000 soldats sont déployés sous bannière de l'OTAN, dont 8.400 Américains qui attendent une décision du président Donald Trump sur d'éventuels renforts pour contrer les talibans.

"Les Afghans sont capables de régler leurs conflits entre eux", a-t-il affirmé.

Enfin, le leader du Hezb-i-Islami, qui a autrefois multiplié et dénoncé les alliances avec d'autres chefs de guerre, a dénoncé l'immunité "catastrophique" dont ils bénéficient, évoquant sans le nommer le général ouzbèke Abdul Rachid Dostum, Premier vice-président accusé de crimes de guerre et de viol l'hiver dernier sur un opposant, co-fondateur d'une alliance anti-gouvernementale avec d'autre chefs du nord.

"Certains hauts responsables fomentent des coalitions, montrent les dents, accaparent les terres, bloquent les rues en armes... Hélas, le gouvernement est trop faible pour les trainer en justice".

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