Les autorités à Belgrade se sont déclarées inquiètes jeudi de l'état de santé de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, actuellement incarcéré à La Haye, et vont demander, si nécessaire, qu'il soit temporairement libéré pour être soigné en Serbie.
Ratko Mladic, 74 ans, répond notamment devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY, basé à La Haye) d'accusations de génocide, épuration ethnique et crimes de guerre pendant le conflit en Bosnie (1992-95).
"La ministre de la justice, Nela Kuburovic, va adresser au cours des prochains jours une lettre au TPIY pour exiger que Ratko Mladic reçoive des soins adéquats étant donné qu'il est gravement malade", a indiqué à l'AFP le service de presse du ministère.
Le ministère "soutient", par ailleurs, "la demande adressée au tribunal par la défense de Ratko Mladic en faveur d'une libération temporaire, si nécessaire, afin qu'il soit soigné en Serbie". L'Etat serbe, selon la même source, "offrira toutes les garanties nécessaires qui sont requises dans ce genre de cas".
En mars dernier, les avocats Ratko Mladic avaient demandé sa libération provisoire en raison d'une maladie qui pourrait avoir des "complications fatales" et son transfert en Russie pour y être soigné.
Selon des experts médicaux russes, cités par la défense, M. Mladic a subi plusieurs accidents vasculaires cérébraux transitoires qui ont provoqué la détérioration de son système nerveux. Ratko Mladic, selon la même source, souffre également de maux de têtes et d'une détérioration de sa santé mentale.
Inculpé en juillet 1995, après la guerre en Bosnie qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés, Ratko Mladic avait été arrêté en mai 2011.
Son jugement est attendu d'ici fin novembre, le procureur a requis la perpétuité à son encontre en décembre dernier. Ratko Mladic a nié être coupable des 11 chefs d'accusation pesant sur lui, dont deux de génocide.
