Statues à Belgrade: certains veulent Djndjic, d'autres Milosevic

Un monument en hommage au Premier ministre serbe pro-européen Zoran Djindjic, assassiné en 2003, va être érigé à Belgrade, décision annoncée lundi au moment où des voix s'élèvent pour en bâtir un en l'honneur de Slobodan Milosevic.

"Le gouvernement estime qu'il est de son devoir de financer l'édification d'un monument à un homme assassiné alors qu'il était Premier ministre", indique un communiqué du gouvernement.

Djindjic est tombé sous les balles d'un tireur d'élite en plein jour devant l'entrée du siège du gouvernement à Belgrade le 12 mars 2003, deux ans après avoir pris ses fonctions. Il avait 50 ans.

Un des boulevards de Belgrade porte son nom.

Djindjic avait été l'artisan d'un soulèvement populaire qui, en octobre 2000, avait débouché sur l'éviction du pouvoir de Slobodan Milosevic, aux affaires durant les guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. Il refusait de quitter le pouvoir malgré son inédite défaite électorale.

Le gouvernement Djindjic avait accepté de transférer Milosevic à La Haye, pour y être jugé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il est décédé avant le verdict dans sa cellule le 11 mars 2006.

Cette remise avait permis un rapprochement avec l'Union européenne, mais est toujours considérée comme une trahison par une partie de la population serbe.

Fondé par Milosevic, le Parti socialiste de Serbie (SPS), membre de la coalition au pouvoir, a proposé la semaine dernière qu'un monument soit érigé à sa mémoire.

Le SPS est aujourd'hui dirigé par Ivica Dacic, ministre serbe des Affaires étrangères. Il était le porte-parole de ce parti pendant le règne de Milosevic.

"Je suis d'accord avec cette idée (d'ériger un monument à Milosevic), mais le dernier mot revient aux autorités municipales" de Belgrade, a-t-il déclaré ce week-end au quotidien Vecernje Novosti.

En 2016, le SPS avait déjà proposé en vain l'édification d'un monument à Milosevic.

Celui-ci est généralement considéré comme un des principaux responsables des conflits qui ont fait plus de 130.000 morts dans les années 1990.

"La politique de Milosevic a déjà des monuments dans tous les Balkans. Les cimetières en sont pleins", indique un internaute sur Twitter. "Nous avons déjà un monument, depuis 1999", ironise un autre, sur une photo d'un bâtiment de l'armée en ruines, en plein centre de Belgrade, éventré par des missiles durant les bombardements de l'Otan de 1999.

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