Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a déclaré mardi vouloir convoquer une "réunion de haut niveau" aux Nations unies sur les massacres de la minorité musulmane rohingya en Birmanie, estimant que les responsables devaient être traduits en justice.
"J'ai l'intention de convoquer une réunion ministérielle de haut niveau en marge de l'Assemblée générale de l'ONU plus tard ce mois-ci", a déclaré le chef de la diplomatie devant la chambre des Communes, précisant qu'elle rassemblerait les ministres des Affaires étrangères.
"Le nettoyage ethnique sous quelque forme que ce soit, où qu'il se passe, ne devrait jamais rester impuni et les auteurs de ces crimes épouvantables doivent être traduits en justice", a-t-il poursuivi.
En 2017, plus de 700.000 musulmans rohingyas ont fui vers le Bangladesh après une offensive de l'armée birmane lancée en représailles d'attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas.
Des enquêteurs de l'ONU ont demandé fin août que la justice internationale poursuive le chef de l'armée birmane et cinq autres hauts gradés pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" à l'encontre des musulmans rohingyas. Des accusations rejetées par les autorités birmanes.
Jeremy Hunt a reconnu mardi que poursuivre les responsables en justice serait "long et difficile", soulignant qu'il n'était "pas clair" à ce stade s'il y aurait un consensus au Conseil de sécurité pour saisir la Cour pénale internationale (CPI). Mais "nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer que les responsables soient traduits en justice", a-t-il assuré.
Le chef de la diplomatie britannique a estimé qu'il pourrait mieux faire valoir la nécessité d'agir s'il se rendait en Birmanie pour y rencontrer les militaires et la dirigeante Aung San Suu Kyi, afin de lui-même se "rendre compte de la situation sur terrain".
"Une ligne a été franchie", a-t-il ajouté.
Lundi, le gouvernement britannique avait appelé à la libération "immédiate" des deux journalistes birmans de l'agence Reuters condamnés en Birmanie à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée.
