Un ex-général bosniaque plaide non coupable de crimes de guerre

Un ancien commandant des forces bosniaques pendant la guerre des années 1990, Atif Dudakovic, a plaidé mercredi non coupable des accusations de crimes de guerre, notamment contre des Serbes, a constaté l'AFP.

Cet ancien général emblématique de l'armée, laissé libre peu après son arrestation en avril, figure parmi plusieurs ex-commandants bosniaques inculpés ces derniers temps par la justice locale.

Il dirigeait pendant le conflit (1992-95) le 5e corps de l'armée bosnienne, dans la région de Bihac (nord-ouest), ville alors encerclée par les forces serbes.

"Je ne suis coupable d'aucun chef d'accusation", a déclaré Atif Dudakovic, 65 ans.

Il sera jugé au cours de ce procès, un des plus importants pour crimes de guerre devant la justice locale, aux côtés de 16 autres anciens membres de son corps, dont plusieurs anciens officiers et sous-officiers.

Tous sauf un, Ale Hodzic, absent à cause de maladie, ont plaidé non coupable.

Ils sont inculpés de "meurtre de plus de 300 personnes de nationalité serbe, dont la plupart étaient des civils, notamment des vieillards, mais aussi des militaires qui s'étaient rendus ou qui avaient été arrêtés", a expliqué le parquet.

Ces crimes ont été commis, selon le parquet, dans des opérations militaires en 1994 et 1995.

Les cadavres d'une partie des victimes ont été exhumés de plusieurs fosses communes, alors que d'autres sont toujours recherchés, selon la même source.

L'inculpation d'Atif Dudakovic fait également état de crimes contre des Bosniaques à Bihac et Cazin.

Outre le conflit entre Bosniaques (majoritairement musulmans), Serbes (orthodoxes) et Croates (catholiques), des Bosniaques s'étaient également affrontés entre eux dans l'ouest du pays.

Jusqu'à encore récemment, des commandants des forces bosniaques ont été rarement jugés pour crimes de guerre. Plusieurs ont toutefois été inculpés ces derniers temps.

L'ex-commandant d'un autre corps, Sakib Mahmuljin, est jugé depuis mars 2016 pour ne pas avoir empêché l'assassinat en 1995 d'une cinquantaine de prisonniers de guerre serbes, dans la région de Vozuca et de Zavidovici (nord), par des membres d'une unité de moujahidines étrangers qui avait rejoint les rangs des forces bosniaques.

Ramiz Drekovic, lui aussi ancien commandant de l'un des sept corps des forces bosniaques pendant le conflit, a été arrêté début décembre, soupçonné de crimes contre des civils serbes.

La guerre intercommunautaire de Bosnie a fait quelque 100.000 morts.

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