Le nouvel accès de tensions entre Israël et le mouvement palestinien Hamas intervient quelques jours seulement avant le 1er anniversaire d'une mobilisation à Gaza, ponctuée de violences, le long de la barrière frontalière lourdement gardée par l'armée israélienne.
Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Palestiniens ont pris part toutes les semaines à des manifestations contre Israël. Au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens. Deux soldats israéliens ont aussi trouvé la mort.
- Première journée sanglante -
Le 30 mars 2018, une "Grande marche du retour" est lancée à Gaza. Officiellement organisée par la société civile, elle est soutenue par le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l'enclave.
Les Palestiniens réclament "le droit au retour" sur les terres qu'ils ont quittées ou dont ils ont été chassés lors de la création d'Israël en 1948, et contestent le strict blocus de l'enclave imposé depuis plus de dix ans par Israël.
Des dizaines de milliers de Palestiniens convergent le long de la barrière. Quelques groupes jettent des pierres et des cocktails Molotov vers les soldats israéliens qui ripostent à balles réelles, tuant 19 Palestiniens.
- Cerfs-volants incendiaires -
Le 6 avril, des milliers de Palestiniens se rassemblent près de la barrière. Neuf Palestiniens sont tués, dont un journaliste, Yasser Mourtaja et près de 500 blessés.
Le 10, les Palestiniens ont recours à des cerfs-volants, dont certains transportent des engins incendiaires, pour tenter d'atteindre les soldats de l'autre côté de l'hermétique barrière.
Des milliers d'hectares ont été brûlés en territoire israélien depuis par ces cerfs-volants ou ballons dotés de rudimentaires dispositifs incendiaires.
Le 25 avril, un deuxième journaliste Ahmed Abou Hussein, blessé par des tirs israéliens le 13 avril lors de manifestations, succombe à ses blessures.
- Bain de sang -
Le 14 mai, des dizaines de milliers de Palestiniens se rassemblent dans des manifestations coïncidant avec l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine, qui entérine la reconnaissance par les Etats-Unis de la ville comme capitale d'Israël. Au moins 62 Palestiniens sont tués et plus de 2.400 blessés.
Le 13 juin, l'Assemblée générale de l'ONU adopte un projet de résolution, auquel les Etats-Unis étaient opposés, condamnant Israël pour la flambée de violences.
Le 1er juin, Razan al-Najjar, 21 ans, une secouriste portant un uniforme blanc, est tuée par un tir israélien, provoquant une vive émotion dans l'enclave. L'armée israélienne a depuis ouvert une enquête.
- Roquettes et raids -
Le 14 juillet, puis dans la nuit du 8 au 9 août, Israël essuie des centaines de tirs de roquettes et de mortiers et riposte par des dizaines de raids aériens.
Les 28 septembre et 5 octobre, dix Palestiniens sont tués lors de manifestations par l'armée israélienne.
- Aide du Qatar -
Les 9 et 10 novembre, alors que les efforts de médiation semblent progresser, des fonctionnaires palestiniens de Gaza, qui ne sont plus payés que sporadiquement depuis des mois, perçoivent des arriérés de salaire et certains autres Gazaouis des aides, financés par le Qatar.
Depuis, quatre tranches de l'aide qatarie ont été distribuées à Gaza.
- Incursion -
Le 11 novembre, une incursion des forces spéciales israéliennes tourne mal, se soldant par la mort de sept Palestiniens et d'un officier israélien.
Le lendemain, le Hamas attaque un bus, blessant grièvement un soldat et marquant le début d'une escalade avec le tir de centaines de roquettes et d'obus de mortier sur Israël et des dizaines de frappes israéliennes contre des positions dans Gaza. Sept Palestiniens sont tués.
Le 13, une trêve est conclue par l'entremise de l'Egypte. Le lendemain, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman démissionne, qualifiant l'accord de cessez-le-feu de "capitulation devant le terrorisme".
- Enquête de l'ONU -
Le 28 février 2019, une commission d'enquête de l'ONU affirme que la riposte israélienne aux manifestations de Palestiniens s'apparente à des "crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité", soulignant que des soldats israéliens ont visé des civils, dont des enfants.
Israël rejette comme "partial" le rapport, invoquant son droit à se défendre contre les agissements "terroristes" du Hamas.
- Roquettes vers Tel Aviv -
Le 15 mars, Israël conduit une centaine de frappes contre des positions du Hamas, en représailles à des tirs de roquettes. La presse israélienne indique cependant que les roquettes pourraient être parties malencontreusement en direction de Tel-Aviv lors d'une intervention de maintenance.
Le 25, un tir de roquette en provenance de Gaza fait sept blessés légers au nord de Tel-Aviv. L'armée israélienne accuse le Hamas d'en être l'auteur et annonce l'envoi de renforts autour du territoire palestinien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu décide d'écourter sa visite à Washington, en promettant une riposte.
