Le gouvernement du président nicaraguayen Daniel Ortega s'est engagé à rétablir le droit de manifester et à respecter la liberté de la presse dans un accord conclu vendredi avec l'opposition, a annoncé un délégué de l'opposition.
Dans cet accord, le premier conclu depuis que des négociations ont commencé le 27 février, le gouvernement s'engage aussi à désarmer les paramilitaires qui sont intervenus au cours des manifestations contre M. Ortega, a indiqué ce responsable de l'opposition, Juan Sebastian Chamorro.
Le document en 18 points déclare notamment que "l'Etat promet de rendre" aux Nicaraguayens les droits et libertés civiques dont ils étaient privés, a déclaré M. Chamorro au cours d'une conférence de presse à Managua.
Le gouvernement va ainsi "garantir les droits de se rassembler et de manifester" prévus par la Constitution et supprimés par la police en septembre 2018 pour tenter de mettre fin à la campagne de manifestations contre M. Ortega qui avait débuté en avril 2018.
Le pouvoir va aussi, toujours selon l'accord, "prendre les mesures nécessaires pour assurer le désarmement des personnes qui portent des armes sans autorisation et de celles qui s'organisent en groupes armés" hors du cadre de la loi.
Le gouvernement assure qu'il respectera la liberté d'expression et qu'il facilitera l'importation de papier et d'autres matériels nécessaires à la presse écrite, matériels dont les quotidiens critiques envers le pouvoir sont privés par les autorités depuis septembre 2018.
Ancien guérillero sandiniste, Daniel Ortega, 73 ans, dirige le Nicaragua depuis 2007. L'opposition l'accuse d'avoir instauré une dictature.
Le gouvernement et la plateforme d'opposition Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD) ont entamé le 27 février un dialogue visant à sortir le Nicaragua de la grave crise politique qui a débuté il y a onze mois.
Le gouvernement a annoncé le 21 mars qu'il libérerait tous les opposants détenus dans un délai maximum de 90 jours.
Selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), 647 opposants ont été arrêtés depuis qu'ont débuté en avril 2018 les manifestations contre M. Ortega, dont la répression a fait 325 morts et entraîné le départ en exil de quelque 50.000 personnes.
Pour sa part, la Commission de la vérité et de la justice du Nicaragua, instituée pour enquêter sur ces faits par le parlement de Managua contrôlé par le pouvoir, a annoncé cette semaine qu'elle n'avait connaissance que de 261 opposants détenus, sur la liste de 647 citée par la CIDH.
