Au moins sept civils ont été tués mercredi dans des tirs d'hélicoptères de l'armée birmane, confrontée à une rébellion particulièrement active dans l'ouest de la Birmanie, suscitant vendredi l'inquiétude de l'ONU.
"Deux hélicoptères ont survolé le village de Hpon Nyo Leik et ont tiré sur des civils qui travaillaient dans les rizières, faisant au moins sept morts et 18 blessés", a dénoncé le Conseil des droits de l'homme des Nations unies dans un communiqué.
L'ONU précise que l'attaque est survenue dans une zone confrontée à un afflux massif de plusieurs milliers de Rohingyas.
L'armée birmane a de son côté confirmé sur sa page Facebook la mort de "six Bengali", le nom péjoratif donné par les Birmans aux musulmans rohingyas, considérés comme des habitants du Bangladesh local, même si certains vivent dans cette région de Birmanie, l'Etat Rakhine, depuis des générations.
"Ils étaient avec les rebelles" de l'Arakan Army, un groupe rebelle de l'ethnie rakhine, majoritairement bouddhiste, qui déteste les musulmans rohingyas, rendant peu plausible cette explication.
"L'armée birmane mène à nouveau des attaques contre ses propres civils, des attaques pouvant constituer des crimes de guerre", a insisté de son côté l'ONU.
La Birmanie est aux prises avec des luttes armées de plusieurs minorités ethniques à travers le pays.
Mais ces dernières semaines, les affrontements entre les soldats birmans et l'Armée de l'Arakan (Arakan Army, AA, indépendantistes arakanais) redoublent d'intensité.
Les violences se sont même propagées en mars à la ville historique de Mrauk U, un site touristique dans une partie de l'Etat Rakhine jusqu'ici épargnée par les combats.
En 2017, une répression par l'armée d'un mouvement rebelle rohingya avait poussé à l'exil au Bangladesh 740.000 Rohingyas fuyant les violences des militaires birmans et de milices bouddhistes. L'ONU a dénoncé un "génocide".
