Dates-clés du Soudan depuis l'arrivée au pouvoir d'Omar el-Béchir en 1989, jusqu'à sa destitution jeudi par l'armée au terme de quatre mois de contestation populaire.
- 1989-99: militaires et islamistes au pouvoir -
Le 30 juin 1989, le général Béchir et un groupe d'officiers renversent le gouvernement élu de Sadek al-Mahdi. Le coup d'Etat est appuyé par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan al-Tourabi.
Le Soudan donne asile à des islamistes, notamment au chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden qui y reste jusqu'en 1996.
Une lutte pour le pouvoir en 1999 aboutit au limogeage de Tourabi.
- 2003: conflit au Darfour -
En 2003, une rébellion éclate au Darfour, vaste région de l'ouest qui réclame la fin de la "marginalisation économique" et un partage du pouvoir avec Khartoum.
Depuis, le conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l'ONU.
Omar el-Béchir fait l'objet de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité (2009) et génocide (2010) au Darfour.
- 2005: accord de paix avec le Sud-Soudan -
Le 9 janvier 2005, après plus de 21 ans de guerre civile (deux millions de morts, quatre millions de déplacés), un accord de paix est signé entre Khartoum et la rébellion sudiste, prévoyant une autonomie du Sud-Soudan avant un référendum sur l'indépendance en 2011.
- 2010: premières élections multipartites -
En avril 2010, M. Béchir est élu lors des premières élections multipartites depuis 1986, boycottées par l'opposition et critiquées à l'étranger. Il est réélu en 2015.
- 2011: sécession du Sud, rébellions -
Le 9 juillet 2011, le Sud proclame son indépendance, Khartoum perd les trois quarts de ses réserves pétrolières.
Parallèlement, des rébellions éclatent dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, frontaliers du Soudan du Sud.
Au printemps 2012, combats à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.
- 2013-14: contestation sans précédent -
En septembre 2013, des manifestations contre une hausse de plus de 60% du prix des carburants font officiellement des dizaines de morts, plus de 200 selon Amnesty.
En janvier 2014, M. Béchir appelle à une "renaissance" politique et économique après la dissidence de plusieurs figures du régime réclamant des réformes.
- 2016: référendum au Darfour -
En avril 2016, un référendum controversé au Darfour, boycotté par l'opposition, maintient la division en cinq Etats de cette région.
En août, des négociations échouent entre le pouvoir et les rebelles sur la cessation des hostilités au Darfour, au Nil Bleu et au Kordofan-Sud.
Fin septembre, Amnesty accuse les forces gouvernementales d'avoir procédé à plusieurs attaques chimiques, tuant des civils dans l'ouest. Khartoum dément.
- 2017: fin de l'embargo -
Le 6 octobre 2017, les Etats-Unis lèvent l'embargo imposé en 1997 en raison de violations présumées des droits humains et de liens avec le "terrorisme". Le Soudan reste toutefois sur la liste noire américaine des "Etats soutenant le terrorisme".
- 2018: manifestations réprimées -
Début 2018, des manifestations contre l'inflation des denrées alimentaires sont rapidement contenues avec l'arrestation d'opposants.
En août, le parti au pouvoir désigne Omar el-Béchir candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, alors que la Constitution en autorise deux.
Le 19 décembre, débute une vague de manifestations contre le triplement du prix du pain décidé par le gouvernement, dans un pays en plein marasme économique. Le mouvement se transforme en contestation du régime, faisant plusieurs dizaines de morts.
- 2019: destitution par l'armée -
Le 22 février 2019, le président décrète l'état d'urgence et limoge le gouvernement ainsi que des instances provinciales.
Le 6 avril, des milliers de manifestants se rassemblent devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Des protestataires y campent jour et nuit pendant six jours consécutifs pour réclamer le soutien de l'armée contre le chef de l'Etat.
Le 11 avril, Omar el-Béchir est destitué par l'armée, qui annonce la mise en place d'un "conseil militaire de transition" pour une durée de deux ans et un cessez-le-feu sur tout le territoire.
