Libye: l'offensive de Khalifa Haftar pour s'emparer de Tripoli

Rappel des développements depuis le début de l'assaut lancé par le maréchal Khalifa Haftar, et son autoproclamée Armée nationale (ANL), le 4 avril pour s'emparer de la capitale Tripoli, dans l'ouest de la Libye.

Les combats qui opposent l'ANL aux forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) ont fait en deux semaines plus de 170 morts et 18.000 déplacés selon l'ONU.

- Début de l'assaut -

Le 4 avril, Khalifa Haftar ordonne à ses forces d'"avancer" en direction de Tripoli. "L'heure a sonné", dit-il, promettant d'épargner les civils, les "institutions de l'Etat" et les ressortissants étrangers.

Fayez al-Sarraj, chef du GNA, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, ordonne aux forces qui le soutiennent de se tenir prêtes. Les pro-Haftar progressent en direction de la capitale.

Le lendemain, les forces de l'ANL sont repoussées de quelques kilomètres après s'être emparées brièvement de l'aéroport international de Tripoli, inutilisé depuis qu'il a été détruit en 2014 par des combats.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dit sa "profonde inquiétude", au terme d'une visite en Libye et d'entretiens avec MM. Sarraj et Haftar.

- "Volcan de la colère" -

Le 7 avril, l'ANL annonce avoir mené son premier raid dans la banlieue sud de Tripoli. Les forces loyales au GNA avaient mené leur première frappe aérienne la veille.

Le porte-parole des forces du GNA proclame le début d'une contre-offensive nommée "Volcan de la colère" pour "nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs".

Les Etats-Unis appellent à l'"arrêt immédiat" de l'offensive de l'ANL.

- Aéroport touché -

A l'ONU, Moscou bloque l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité qui aurait appelé les forces de Haftar à arrêter leur avancée, souhaitant que le texte s'adresse à toutes les parties.

Le 8, l'ANL revendique un raid aérien contre l'aéroport de Mitiga, dans la banlieue est de Tripoli, le seul fonctionnel de Tripoli. Le GNA dénonce l'attaque, qui provoque la suspension des vols et l'évacuation de l'aéroport. Celui-ci sera rouvert pour les vols nocturnes seulement.

Le Kremlin appelle "toutes les parties" à la retenue, pour éviter un "bain de sang".

- "Catastrophe humanitaire" -

Le 9, l'ONU reporte sine die une conférence interlibyenne en raison des combats.

Le porte-parole de l'ANL accuse le GNA de s'"allier avec des milices islamistes".

Le 10, l'ANL affirme avoir pris aux troupes loyalistes une caserne à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale. L'aéroport international de Tripoli est le théâtre de combats.

Antonio Guterres réclame un "cessez-le-feu" pour éviter une "bataille sanglante", après une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Le centre d'analyses International Crisis Group (ICG) estime qu'un "déploiement plus important de combattants" ou "une intervention militaire extérieure" pourraient précipiter une "catastrophe humanitaire".

Selon l'Unicef, "près d'un demi-million d'enfants à Tripoli et des dizaines de milliers d'autres dans les régions occidentales" sont "directement menacés".

- Roquettes sur Tripoli -

Le 12, les combats s'intensifient sur plusieurs fronts dans la banlieue sud de la capitale, en particulier à Ain Zara, Wadi Rabi et al-Swani.

Paris dément tout soutien à l'attaque de Haftar.

Le 14, les forces du GNA annoncent avoir abattu un avion des forces de Haftar au sud de Tripoli. Une source de l'ANL confirme la perte d'un appareil Mig 23, mais l'attribue à une "panne technique".

Le maréchal Haftar rencontre au Caire le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, un de ses plus fervents soutiens.

Le 16, au moins trois personnes sont tuées dans des tirs de roquettes sur Tripoli. Fayez al-Sarraj accuse Khalifa Haftar de "crimes de guerre". L'ANL rejette la responsabilité sur "les milices terroristes qui contrôlent la capitale".

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