Les chiffres mirobolants du marché de l'emploi américain, qui affiche en avril le taux de chômage le plus bas en presque cinquante ans à 3,6%, masquent des disparités et des points noirs qui persistent depuis la grande récession de 2009.
- Minorités -
Même si le taux de chômage des minorités se situe autour de leur plus faible niveau depuis que le ministère du Travail tient ce type de statistiques en 1973, les représentants des communautés afro-américaines et hispaniques ont toujours aujourd'hui plus de difficultés à trouver du travail que les Blancs.
Ainsi, le taux de chômage des Afro-Américains s'établit en avril à plus du double de celui des Blancs, soit 6,7% contre 3,1%. Il avait atteint un plus bas historique en mai 2018 à 5,9%.
Quant aux Hispaniques, dont le taux de sans-emplois est au plus bas à 4,2% depuis 1973, il reste néanmoins supérieur à celui des Blancs.
Ce sont les Asiatiques qui bénéficient du taux de chômage le plus faible à 2,2%.
- Modeste hausse des salaires -
Les salaires américains commencent à augmenter régulièrement parce qu'il est de plus en plus difficile pour les employeurs de pourvoir des postes et de trouver des employés qualifiés.
Mais, à 3,2% sur un an, la hausse du salaire horaire moyen en avril (27,7 dollars de l'heure) reste modeste, notamment si l'on tient compte de l'inflation, elle aussi pourtant très modérée.
Selon l'indice des prix à la consommation CPI qui se base sur un panier-type de la ménagère, la hausse des prix a été de 1,9% sur un an. Soit une augmentation réelle des rémunérations de 1,3% en avril sur un an dans le portefeuille des consommateurs américains.
- Temps partiel -
Curieusement, les emplois à temps partiel faute de trouver mieux restent à un niveau élevé et supérieur à leur niveau d'avant la récession de 2009.
En avril, il y avait encore 4,7 millions de travailleurs qui ne trouvaient pas d'emploi à temps plein, soit que les entreprises proposent seulement des temps partiels, soit que ces travailleurs ne parviennent pas à décrocher un poste de 35 heures par semaine.
Le mois dernier, ce type d'emplois a encore augmenté, ce qui est parfois vu par les économistes comme un signe de dynamisme de l'activité. Ils étaient 4,3 millions en février, et 4,5 millions en mars.
Ces travailleurs à temps partiel ne sont qu'un million de moins que ceux qui pointent au chômage (5,8 millions).
Cela contraint de nombreux Américains, surtout dans les postes à bas salaires, à cumuler deux, parfois trois emplois pour obtenir une rémunération assurant des conditions d'existence convenables. Cela permet aussi aux entreprises d'éviter de fournir une assurance-santé à ces employés.
- "U6", le vrai taux de chômage ? -
La mesure U6 du taux de sans-emplois, supérieure à l'U3 qui est le taux officiel ne comprenant que les chômeurs ayant activement cherché un emploi le mois d'avant, est parfois considérée comme la véritable mesure de la santé du marché du travail.
L'U6 est bien supérieure à l'U3, s'inscrivant à 7,3% depuis trois mois, contre 3,6% pour le taux de chômage officiel. Elle était de 7,8% il y a un an.
Outre ceux qui ont activement cherché du travail, elle comprend ceux dits "marginalement attachés au marché du travail" parce qu'ils ont en vain cherché un emploi au cours des douze derniers mois ainsi que ceux qui ne trouvent qu'un travail à temps partiel.
