07.04.2004 - TPIR/MILITAIRES I - IL N’Y AVAIT PAS DE PLAN D’EXTERMINATION DES BELGES, SELON UN EX-OF

Arusha, le 7 avril 2004 (FH) – Un ancien officier de la Mission des nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) a affirmé mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qu’il n’y avait pas de plan d’extermination du contingent belge de la force onusienne au Rwanda avant et durant le génocide de 1994.

Le lieutenant-colonel Franck Claeys dépose dans le procès de quatre hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR).

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Il était chargé des renseignements militaires au sein de la MINUAR.

Cette force avait été déployée au Rwanda en octobre 1993 afin de superviser l’accord de cessez-le-feu entre signé deux mois plus tôt à Arusha (Tanzanie) entre le gouvernement d’alors et l’ex-rébellion à dominante Tutsie du Front Patriotique Rwandais (FPR).

« Je faisais mon jogging quotidien et circulais en ville non armé », a déclaré Claeys, rejetant une opinion répandue selon laquelle un plan d’ attaque contre les soldats belges avait été élaboré afin de les pousser à quitter le pays.

Le témoin a au contraire évoqué un plan d’extermination des Tutsis qui aurait été mis sur pied par les autorités civiles et militaires à cette époque, et dont la MINUAR avait appris l’existence en janvier 1994 par le biais d’ « un informateur » prénommé Jean Pierre.

« Si le plan avait existé, pourquoi n’a-t-il pas été exécuté à ce moment-là », s’est-il interrogé. Claeys répondait à la défense de l’ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, un des accusés dans ce procès.

L’avocat franco- martiniquais Me Raphaël Constant a notamment relevé que l’ex-commandant canadien de la MINUAR, le général Roméo Dallaire, a évoqué l’existence de ce plan, sur la base d’informations fournies par Jean Pierre.

Le témoin a affirmé ne pas être au courant de cette information. Le général Dallaire a témoigné dans cette affaire pour le compte du parquet en janvier dernier.

Dix casques bleus belges membres de l’escorte de l’ancien premier ministre Agathe Uwilingiyimana ont été assassinés le 7 avril au camp Kigali. Mme Uwilingiyimana a été également été assassinée le même jour.

Bagosora est notamment poursuivi pour ces assassinats.

Il est co-accusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze. Tous plaident non coupable.

Accusés d’avoir planifié et exécuté le plan de génocide qui a fait près d’un million de morts à majorité des Tutsis et des Hutus « modérés » en 1994, tous plaident non coupable.

Communément appelé « Militaires I », ce procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

Le juge Mose étant absent depuis lundi, le juge Reddy préside les débats en vertu de l’article 15 bis du règlement de procédure et de preuve.

Le lieutenant-colonel Franck Claeys poursuivra sa déposition jeudi.

GA/CE/GF/FH (ML’’0407B)