26.02.2004 - TPIR/GOUVERNEMENT II - BIZIMUNGU N'AURAIT PAS EMPÊCHE DES MASSACRES A l'HOPITAL D

Arusha 26 février 2004(FH) - l'ex-ministre de la santé sous le gouvernement intérimaire en place durant le génocide, Casimir Bizimungu, n'a pas arrêté les massacres de Tutsis au Centre hospitalier de Kigali (CHK) en 1994, selon les allégations D'un témoin entendu jeudi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Les (miliciens) Interahamwe et la garde présidentielle tuaient des gens au CHK ; le ministre est allé là mais n'a rien fait" pour les en empêcher, a déclaré le témoin "GAT", ainsi désigné pour préserver son anonymat.

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Le témoin, une femme tutsie rescapée du génocide, travaillait au ministère de la santé et habitait dans la capitale rwandaise.

Elle déposait depuis mercredi comme dix- septième témoin à charge dans le procès de Casimir Bizimungu et trois autres ex- membres du gouvernement intérimaire : les ex- ministres des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka, du commerce, Justin Mugenzi et de la fonction publique, Prosper Mugiraneza.

Ils plaident non coupables aux accusation de génocide et de crimes contre l'humanité portés contre eux.

Selon le témoin, plus de 3.000 patients ont été tués au CHK. Elle a en outre indiqué que des personnes ont été jetées, vivantes, dans des latrines.

" Le ministre Bizimungu n'a pas arrêté ces massacres au CHK, ni dans aucun autre hôpital à travers le Rwanda", a-t- elle soutenu. Elle a ajouté que l'accusé a qualifié de "saleté" les corps de Tutsis tués.

"Entre le 7 et 10 avril 1994, Bizimungu a lu sur Radio Rwanda un communiqué appelant les agents du service de l'hygiène publique à débarrasser la ville (Kigali) de la saleté ", a allégué Mme GAT. " Il (Bizimungu) a utilisé le terme saleté pour désigner les cadavres qui jonchaient les rues de la ville", a-t- elle expliqué. Le témoin sera contre-interrogé vendredi par la défense.

Appelé aussi "Gouvernement II", ce procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana, assisté du Kenyan Lee Gacuiga Muthoga et de la Pakistanaise Khalida Rashid Khan.

Le juge Gunawardana étant absent pour des raisons familiales, les débats sont présidés par la juge Khan.

ER/PJ/AT/GF/FH(GVII''0226A)