Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dénoncé jeudi l'enquête "irréfléchie" autorisée par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Afghanistan, dont des exactions qui auraient été commises par des soldats américains.
"C'est une action incroyable de la part d'une institution politique qui n'a pas à rendre de comptes et se déguise en organe juridique", a tonné M. Pompeo.
Il s'est offusqué d'une décision "irréfléchie qui intervient quelques jours seulement après que les Etats-Unis ont signé un accord de paix historique concernant l'Afghanistan, qui est la meilleure chance pour la paix et toute une génération", a-t-il noté.
"Nous allons prendre toutes les mesures nécessaires pour nous assurer que les Américains ne soient pas traînés devant ce corps politique afin de régler une vendetta politique", a ajouté Mike Pompeo.
Une annonce en ce sens devrait être faite dans les semaines à venir.
L'enquête souhaitée par la procureure de la Cour, Fatou Bensouda, vise à examiner non seulement des crimes présumés commis par des combattants talibans et les unités afghanes pro-gouvernementales, mais aussi par les forces internationales, notamment les troupes américaines.
La procureure est également autorisée à examiner des actes de torture présumés commis par la CIA en Afghanistan.
Les Etats-Unis, qui ne sont pas membres de la CPI, mènent depuis 2001 la plus longue guerre de leur histoire dans ce pays.
Un accord historique a été signé samedi à Doha, dans lequel Washington s'est engagé à retirer les troupes étrangères d'Afghanistan sous 14 mois en échange du respect par les insurgés de certaines garanties, dont leur participation à un dialogue inter-afghan sur l'avenir du pays, censé démarrer le 10 mars.
Washington avait annoncé mi-mars 2019 des sanctions sans précédent à l'encontre de la CPI, avec des restrictions de visa contre toute personne "directement responsable" d'une éventuelle enquête "contre des militaires américains".
