Six détenues et une enfant qui rendait visite à sa mère ont été tuées au Yémen dans le bombardement d'une prison pour femmes à Taëz, une attaque imputée par le gouvernement aux rebelles Houthis et dénoncée par des organisations internationales.
Frappé par une grave crise humanitaire, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique est ravagé par une guerre qui oppose le gouvernement, appuyé par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran.
Une attaque aux missiles des rebelles Houthis sur la section réservée aux femmes de la prison centrale de Taëz a tué "six des détenues" ainsi qu'"une enfant qui rendait visite sa mère" - laquelle figure parmi les victimes -, a indiqué l'agence de presse officielle du gouvernement Saba.
Les Houthis ont "catégoriquement nié" ces accusations, via un tweet du porte-parole de leur branche armée, Yahia Saree.
Troisième ville du Yémen, Taëz a été le théâtre de violents affrontements depuis le début de la guerre il y a plus de cinq ans. Toujours aux mains du gouvernement, cette ville de 600.000 âmes située dans le sud-ouest du pays est néanmoins assiégée par les Houthis.
"L'hôpital Al-Thawra de Taëz, soutenu par MSF, a reçu les corps de six femmes et d'une enfant qui ont été tuées lors d'une attaque contre la prison centrale de la ville hier (dimanche) soir", a indiqué lundi Médecins sans frontières au Yémen.
La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a "fermement condamné" une attaque d'obus "qui auraient été tirés par les Houthis".
"Cette attaque semble être en violation du droit international humanitaire et, selon les circonstances, pourrait constituer un crime de guerre", a-t-elle fustigé dans un communiqué.
Sur Twitter, MSF ainsi que le Comité international de Croix-Rouge (CICR) au Yémen ont eux aussi dénoncé une violation du droit international humanitaire.
L'attaque a également été condamnée par l'émissaire spécial de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, et la coordinatrice humanitaire de l'ONU au Yémen, Lise Grande.
Malgré les espoirs d'une accalmie face à la menace commune du nouveau coronavirus, les violences se sont récemment accrues au Yémen, qui n'a officiellement enregistré aucun cas d'infection.
Les organisations humanitaires prédisent toutefois une véritable catastrophe si la pandémie de Covid-19 arrivait dans le pays, qui souffre déjà d'un système de santé aux abois et d'une pénurie d'eau potable.
La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d'après diverses ONG, et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'aide humanitaire, selon les Nations unies.
