Niger: HRW dénonce l’exécution sommaire de deux jihadistes présumés

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Human Rights Watch a dénoncé vendredi l’exécution sommaire par des militaires nigériens de deux combattants présumés du groupe jihadiste Boko Haram en mai, dans le sud-est du Niger, évoquant « un crime de guerre ».

L’organisation de défense des droits humains a enquêté sur des images qui ont circulé en mai sur les réseaux sociaux, qui montrent deux hommes à terre, écrasés par des blindés.

« Cette vidéo choquante montre des soldats nigériens dans des véhicules blindés en train de tirer et de rouler sur des hommes apparemment non armés et blessés », a déclaré Jonathan Pedneault, chercheur à la division Crises et conflits à HRW, demandant « une enquête crédible et impartiale ».

HRW précise que « le gouvernement nigérien a confirmé l’incident », qui s’est produit « lors d’une opération militaire contre Boko Haram le 11 mai 2020, au sud de Diffa, dans le sud-est du Niger, près de la frontière avec le Nigeria ».

Le 13 mai, le ministère de la Défense avait affirmé avoir tué « 25 terroristes » à Diffa, ainsi qu »une cinquantaine d’ennemis » dans la zone du lac Tchad, sur le territoire du Nigeria, dans deux opérations de la Force régionale de lutte contre les jihadistes.

Le 3 mai, une attaque jihadiste dans la zone de Diffa avait coûté la vie à deux soldats selon le bilan officiel. Et depuis plusieurs mois, l’armée nigérienne a essuyé de lourdes pertes dans des attaques jihadistes, qui se sont intensifiées en mai dans cette région.

L’ONU et des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International ont accusé récemment les armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso, trois pays sahéliens touchés par les attaques jihadistes depuis plusieurs années, de commettre des crimes de guerre, notamment contre des civils, dans leurs opérations de riposte.

La région de Diffa abrite selon l’ONU 300.000 réfugiés nigérians et déplacés, fuyant depuis 2015 les exactions des jihadistes. Le Niger doit aussi faire face dans l’Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques des groupes jihadistes sahéliens, dont l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Les violences jihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, qui touchent toute cette partie du Sahel ont fait au total en 2019 quelque 4.000 morts au Mali, au Burkina Faso et au Niger, selon l’ONU.

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