Masques: "nous avons toujours suivi les recommandations", se défend Jérôme Salomon

La France a "toujours suivi les recommandations internationales" concernant le port du masque dans la lutte contre le coronavirus, s'est défendu mardi le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, qui l'avait jugé "inutile dans la rue" en mars.

"Le monde entier a été surpris par cette crise inédite, massive, brutale, mondiale", a-t-il souligné devant la commission d'enquête sur le coronavirus à l'Assemblée nationale, défendant pied à pied la stratégie des autorités sur les masques et les tests, ainsi que les efforts de préparation du pays à ce type de crise sanitaire.

Jérôme Salomon, qui dirige depuis 2018 la branche du ministère de la Santé chargée de gérer les crises sanitaires, ouvrait le bal des questions des députés dans le cadre de cette commission mise en place pour "tirer les leçons" de la gestion de l'épidémie de Covid-19.

"Vous êtes un des visages de cette crise", a souligné le député LR Eric Ciotti, rapporteur de la commission, rappelant que les points presse quotidiens de ce spécialiste des maladies infectieuses avaient "rythmé la vie des Français pendant le confinement".

La présidente de cette commission, Brigitte Bourguignon (LREM) a assuré vouloir "placer l'exigence de vérité et de transparence au coeur de (ses) travaux" et ses membres ont rappelé plusieurs fois Jérôme Salomon à la nécessité d'apporter "des réponses précises".

Beaucoup de questions ont tourné autour des masques, qui, a souligné Eric Ciotti "ont été au coeur des interrogations de nos concitoyens et des soignants".

Jérôme Salomon a retracé la chronologie des stocks stratégiques d'Etat de ces masques, commandés massivement au moment de la menace de grippe H1N1 puis détruits en partie après un audit de 2017 ayant conclu au mauvais état d'une majorité d'entre eux. Une commande de 100 millions de masques est alors passée fin 2018, avec décision d'évoluer "vers un stock dynamique, tournant", plutôt qu'un stock massif "dormant".

Mais avec l'irruption de la pandémie en France, les besoins pour les soignants sont passés brutalement de 3 à 5 millions par semaine à 30 voir 40 millions, alors que tous les pays voyaient aussi leurs besoins augmenter et que le principal pays producteur, la Chine, voyait son économie paralysée, a-t-il souligné.

Quant aux masques pour le grand public, "nous avons toujours suivi les recommandations internationales", a assuré le directeur général de la Santé, accusé par Jean-Christophe Lagarde (UDI) de "mensonge d Etat" pour avoir assuré le 18 mars qu'il n'y avait "pas de sens à porter ce masque" dans la rue "pour les personnes non contaminées".

"L'OMS a beaucoup hésité et ne recommande le port du masque dans certaines conditions que depuis le 5 juin", a-t-il ajouté, mettant également en avant une étude récente faisant part de "doutes sur l'efficacité des masques grand public".

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