Un Irakien mis en examen en France, en fuite en Allemagne, bientôt extradé

Un réfugié irakien en France mis en examen en 2018 pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "crimes de guerre", libéré sous contrôle judiciaire depuis mai et qui a fui en Allemagne, va être extradé en France, a indiqué dimanche une source judiciaire française à l'AFP.

Arrivé en France à l'été 2016, Ahmed Hamdane Mahmoud Ayach El Aswadi avait obtenu l'asile politique en juin 2017 auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Arrêté dans le Calvados, il avait été mis en examen en mars 2018 à Paris, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et pour "crimes de guerre" en Irak, et écroué.

Selon cette source judiciaire, confirmant des informations du Parisien, Ahmed Hamdane Mahmoud Ayach El Aswadi a été remis en liberté sous contrôle judiciaire en mai 2020 et a "paniqué" lorsque les services de police en charge de son pointage régulier l'ont contacté peu après, pensant que c'était pour retourner en prison.

"Le lendemain ou le surlendemain, il s'est présenté dans un commissariat en Allemagne, en Bavière, affirmant qu'il était recherché en France", a raconté cette source.

"Le juge d'instruction français en charge de son dossier a délivré un mandat d'arrêt européen, l'Irakien a été placé sous le régime d'extradition et devrait arriver en France dans les prochains jours", a-t-on indiqué, toujours de même source.

Un haut responsable du ministère irakien de l'Intérieur, en charge de la liaison avec Interpol, avait affirmé en juin 2018 à l'AFP que ce réfugié irakien était un chef jihadiste du groupe Etat islamique (EI) ayant participé à l'exécution de 1.700 soldats et policiers en 2014 dans le centre de l'Irak.

Ce haut responsable avait déclaré à l'AFP avoir demandé à ses homologues français son souhait de voir ce réfugié extradé vers l'Irak.

Son avocat en France, Mohamed El Monsaf Hamdi, avait au contraire dénoncé une "injustice", affirmant que son client s'était plutôt engagé dans la lutte contre les jihadistes et n'avait jamais été membre ni d'Al-Qaïda, ni du groupe Etat islamique.

Me Hamdi n'était pas joignable dimanche.

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