RDC: un Casque bleu indonesien tué dans l'Est

Un Casque bleu indonésien a été tué et un autre blessé lundi soir dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) dans une attaque attribuée au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), a-t-on appris mardi de sources onusiennes.

Une patrouille des Casques bleus a été attaquée dans la province du Nord-Kivu, à environ 20 km de Beni, près de l'Ouganda, a indiqué la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) à Beni.

La cheffe de la Monusco et représentante du secrétaire général des Nations unies, Leïla Zerrougui, a condamné "l'attaque perpétrée par des éléments présumés des ADF", "dans laquelle un casque bleu indonésien a été tué et un autre blessé".

L'état du blessé est stable, selon la Monusco.

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont demandé dans un communiqué aux autorités congolaises "d'enquêter rapidement sur cette attaque et de traduire ses auteurs en justice".

Ils ont rappelé "que les attaques délibérées visant des soldats de la paix peuvent constituer des crimes de guerre", en condamnant cette attaque, et en présentant leurs condoléances à la famille et aux autorités indonésiennes.

Les très sanguinaires ADF sont accusés d'avoir massacrés plus de 500 civils depuis novembre 2019 en réponse aux opérations de l'armée congolaise contre leurs bases dans la forêt et la jungle autour de Beni.

En décembre 2017, 15 Casques bleus tanzaniens ont été tués par les ADF dans l'attaque de leur base à Semuliki près de l'Ouganda. En décembre 2018, sept autres Casques bleus ont été tués dans une embuscade tendue par des ADF.

Les ADF sont à l'origine des rebelles musulmans ougandais qui se sont repliés dans l'Est de la RDC en 1995. Ils ont fait souche dans la région de Beni et n'ont plus attaqué les frontières de l'Ouganda voisin depuis des années.

Leur affiliation à l'Etat islamique, qui revendique certaines de leurs attaques, n'a jamais été prouvée.

"L'Etat islamique - région d'Afrique centrale" a d'ailleurs revendiqué cette dernière attaque, d'après un communiqué repéré par le site spécialisé Intelligence group.

"Les ADF font partie aujourd'hui d'un réseau qui commence en Libye, qui va au Sahel, qui s'étend dans la région du lac Tchad, qui est présent au Mozambique", avait déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, après une visite à Beni début septembre.

"Je ne sais pas s'il y a une liaison formelle" avec l'Etat islamique, avait-il reconnu dans un entretien à Radio France internationale (RFI). "Mais c'est évident qu'il y a des liaisons réelles, parce qu'il y a des recrutements qui se font dans d'autres pays".

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.