03.02.2004 - TPIR/MILITAIRES I - FIN DE l'INTERROGATOIRE PRINCIPAL DU MAJOR BEARDSLEY

Arusha, le 3 février 2004 (FH) -Le major canadien Brent Beardsley a terminé son interrogatoire principal mardi dans le procès de quatre hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (FAR) en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

En 1994, le major Beardsley était aide de camp du commandant de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda, le général Roméo Dallaire.

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Le général Dallaire a également témoigné dans cette affaire.

Comme Dallaire, le major Beardsley a essentiellement déposé contre le colonel Théoneste Bagosora.

Ancien directeur de cabinet au ministère rwandais de la défense, Bagosora est coaccusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ex-commandant du bataillon para-commando de Kigali, le major Aloys Ntabakuze.

Le major Beardsley est le trente huitième témoin à charge dans ce procès ouvert sur le fond le 2 avril 2002. l'officier canadien a déclaré que Bagosora était toujours en première ligne lors des négociations avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), même après sa retraite de l'armée en 1993.

"Lors de ma quatrième rencontre avec Bagosora le 24 décembre 1993, nous avons appris que Bagosora avait pris officiellement sa retraite des FAR. Il était en tenue civile mais il a continué à parler au nom du gouvernement", a indiqué le major Beardsley.

Le témoin a ajouté qu'à ce moment là Bagosora a été en conflit ouvert avec la délégation du FPR . Bagosora voulait que des civils soient autorisés à porter des armes, alors que le FPR affirmait que cela était contraire aux accords de paix, a-t-il dit.

"Les civils recevaient également des entraînements dans des camps militaires après la signature de l'accord de paix", a poursuivi le major Beardsley. "Nous avons été informés une douzaine de fois que des entraînements se poursuivaient; nous avons vu des jeunes gens à bord D'autobus venant de Kigali et se rendant au camp Gabiro" ainsi qu'à Bigogwe et au Bugesera, a-t-il expliqué.

Bagosora est considéré par le parquet comme "le cerveau" du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juillet 1994. Bagosora et ses coaccusés plaident non coupables. Le parquet affirme que Bagosora avait le pouvoir D'arrêter le génocide mais qu'il s'en était abstenu.

Ce procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges russe Serguei Aleckseievich Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

AT/SV/GF/FH (Ml''0203A)