30.01.2004 - TPIR/BUTARE - LE 24 EME TEMOIN MAINTIENT SES ACCUSATIONS CONTRE NTAHOBALI

Arusha, le 30 janvier 2004 (FH)- Le vingt-quatrième témoin à charge dans le procès de six personnes poursuivies pour des crimes commis en province de Butare (sud du Rwanda) a maintenu ses accusations contre Arsène Shalom Ntahobali, vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé "SX" pour préserver son anonymat, le témoin a allégué que, durant le génocide de 1994, Ntahobali a tué une fille tutsie après l'avoir violée.

1 min 28Temps de lecture approximatif

Fils de l'ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine Pauline Nyiramasuhuko, également accusée dans ce procès, Ntahobali était étudiant à l'université nationale du Rwanda(UNR).

Vendredi, le co-conseil de Ntahobali, le Canadien Me Normand Marquis, a confronté SX avec sa déclaration écrite, recueillie par le parquet en 1997.

" Vous avez dit devant le Tribunal que Shalom (Ntahobali) était armé D'un pistolet alors que votre déclaration écrite ne fait nullement mention de ce détail ? ", a notamment demandé lavocat.

" J'ai parlé seulement (en 1997) de larme dont il s'est servi ; je ne pouvais tout dire en un seul instant ", a-t-il rétorqué. Devant le Tribunal, le témoin a déclaré que l'accusé avait tué la victime en se servant D'une petite hache.

Me Marquis a également relevé que le témoin évoque la présence de soldats de la garde présidentielle à Butare durant le génocide, alors que cela nest mentionné nulle part dans sa déclaration écrite. Le témoin a répondu de la même manière.

Le procès avait été perturbé mercredi et jeudi par un mouvement de grève des avocats qui protestaient contre "la dégradation des conditions de travail." Les débats se poursuivent mardi prochain. La journée de lundi sera chômée en Tanzanie.

Cette affaire concerne outre Ntahobali et Nyiramasuhuko, les anciens préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, ainsi que l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi, et celui de Muganza, Elie Ndayambaje. Ils sont accusés de génocide et de crimes contre lhumanité. Ils plaident non coupable.

Les coaccusés comparaissent devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, assisté de l'Ougandaise Salomy Balongi Bossa et de la Malgache Arlette Ramoroson.

ER/AT/FH(BT''0130A)