30.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - LE PROCES A REPRIS AVEC LA DEPOSITION DU MAJOR CANADIEN BEARDSLEY

Arusha, le 30 janvier 2004 (FH) - Le procès de quatre hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (FAR) a repris vendredi après avoir été paralysé par deux journées de grève observées par les avocats exerçant au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les débats se sont poursuivis avec la déposition du major canadien Brent Beardsley, ex-aide de camp de l'ancien commandant de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), le général Roméo Dallaire.

1 min 54Temps de lecture approximatif

Déployée au Rwanda en octobre 1993, la MINUAR avait reçu mandat de superviser la mise en application D'un accord de paix signé deux mois plus tôt à Arusha (Tanzanie) entre le gouvernement à majorité hutue et lex-rébellion à dominante tutsie du Front patriotique rwandais (FPR).

Le major Beardsley a indiqué qu'il avait entrepris une "mission tactique" au Rwanda en août 1993, en vue de faire une évaluation de la situation militaire et prendre connaissance du contenu des accords de paix. Il a indiqué que la délégation gouvernementale était dirigée par l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, un des accusés dans ce procès.

Selon le major Beardsley, " les échanges s'étaient bien déroulés" et il en avait fait rapport au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a cependant estimé qu'il y avait eu beaucoup de changement à son retour au Rwanda en novembre la même année.

Parmi ces changements, le major canadien a notamment cité des scissions au sein de certains partis politiques D'opposition et la création des milices.

Tous ces facteurs avaient conduit à un climat D'insécurité, a-t-il indiqué. Le témoin a notamment évoqué le massacre D'enfants, vers fin novembre 1993, dans la région volcanique de Ruhengeri (nord) et de Gisenyi (nord-ouest), qui avaient fait l'objet D'enquêtes de la MINUAR.

Le major Beardsley est le trente-huitième témoin à charge dans ce procès communément appelé "Militaires I". Son témoignage devrait corroborer celui du général Dallaire qui l'a précédé au prétoire.

Présenté par le parquet comme "le cerveau" du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts entre avril et juillet 1994, Bagosora est co-accusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

Le major Beardsley poursuivra sa déposition mardi prochain. La journée de lundi est fériée en Tanzanie.

GA/AT/FH (Ml''0130A)