27.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - LE FPR AVAIT MENACE DE REPRENDRE LA GUERRE SI LES ACCORDS D'ARUSHA

Arusha, le 27 janvier 2004 (FH)- Le général canadien Roméo Dallaire a déclaré mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) avait menacé de relancer les hostilités si les accords de paix signés à Arusha (Tanzanie) en août 1993 n'aboutissaient pas.

l'ancien commandant de la Mission des Nations pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) est arrivé au Rwanda en octobre 1993, afin de superviser la mise en oeuvre de ces accords.

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Le général Dallaire dépose depuis une semaine dans le procès de quatre hauts officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR), dont lancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora.

l'ex-patron de la MINUAR a indiqué que le commandant du FPR, l'actuel président rwandais Paul Kagame, avait posé un certain nombre de conditions sur le plan de la sécurité à Kigali et ailleurs dans le pays, qui n'avaient pas été acceptées.

Le témoin a réitéré une position exprimée au début de sa déposition selon laquelle le gouvernement était "insatisfait" des accords D'Arusha.

Du point de vue de la MINUAR, même si le gouvernement avait signé l'accord de paix, l'obstacle majeur était le manque de confiance envers l'autre partie signataire, à savoir le FPR, a-t-il dit. Cette attitude se serait manifestée par le déploiement, par le gouvernement, des bataillons de son armée au centre et au nord du pays pour renforcer la ligne de front.

Le général Dallaire a indiqué qu'en janvier 1994, un avion chargé D'armes destinées à l'armée gouvernementale s'est posé à Kigali. "Cela a constitué une entorse aux accords de paix", a-t-il estimé.

Selon Dallaire, la MINUAR s'attendait à ce que les deux parties belligérantes gèlent leurs positions ou n'importent pas D'avantage D'armes. "Ils semblaient n'avoir rien compris des accords de paix", a-t-il regretté, indiquant que le FPR a également violé les accords. "Aucune des deux parties n'était disposée à mettre en application les accords dArusha", a-t-il souligné.

Les hostilités ont repris après l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président Juvénal Habyarimana et le déclenchement du génocide.

Bagosora est co-accusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée rwandaise, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze. Tous plaident non coupable des accusations de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre retenus contre eux.

Ce procès dit "Militaires I" se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy. Le général Dallaire clôture sa déposition mardi soir.

GA/AT/GF/FH (ML"0127A)