Jakup Krasniqi, ancien porte-parole de l'UCK, la rébellion indépendantiste albanaise du Kosovo, actuellement responsable politique kosovar, a été arrêté mercredi à Pristina et transféré à La Haye, a annoncé un tribunal spécial.
"Jakup Krasniqi a été arrêté aujourd'hui et transféré vers le centre de détention des Chambres spécialisées du Kosovo (KSC) à La Haye", a déclaré ce tribunal dans un communiqué.
"L'arrestation a été effectuée par le bureau du procureur spécialisé (SPO) en vertu d'une inculpation confirmée liée à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", indique le communiqué.
Le KSC n'a pas fourni d'autres détails et n'a pas précisé la date d'une éventuelle première comparution de M. Krasniqi.
Le KSC est une instance de droit kosovar composée de juges internationaux et chargée d'enquêter sur des crimes commis par l'UCK pendant et après le conflit de 1998-99, principalement à l'encontre de Serbes, de Roms et d'opposants kosovars à la guérilla.
Ce tribunal spécial siège aux Pays-Bas afin de protéger les témoins qui sont soumis à des pressions et des menaces.
L'arrestation de M. Krasniqi est intervenue après que des membres de la police de l'Union européenne lourdement armés ont effectué un une opération à son domicile aux abords de Pristina et ont fouillé les lieux pendant plusieurs heures.
Jakup Krasniqi, 69 ans, est actuellement président du conseil national de l'un des partis de la coalition gouvernementale au pouvoir à Pristina, l'Initiative sociale-démocrate.
Il a aussi été président de l'Assemblée du Kosovo et, à deux reprises, président par intérim du Kosovo en 2010 et 2011.
Pendant le conflit de 1998-99 entre la guérilla indépendantiste kosovare et les forces de Belgrade, Jakup Krasniqi était le porte-parole de l'UCK.
Le Kosovo, alors province autonome de la Serbie, a depuis proclamé son indépendance, reconnue à ce jour par 114 des 193 pays membres de l'ONU, dont les Etats-Unis et la plupart des pays occidentaux, mais pas par la Serbie, la Russie ou la Chine.
Créé en 2015 pour juger des atrocités commises par l'UCK, le KSC a inculpé en juin dernier le président du Kosovo Hashim Thaçi, chef de l'UCK pendant le conflit, pour son rôle présumé dans près de 100 meurtres.
M. Thaçi a été interrogé au KSC en juillet mais n'a pas été arrêté. Il a à cette occasion accusé la justice internationale de "réécrire l'Histoire".
Fin septembre dernier, un ancien commandant de l'UCK, Salih Mustafa, a été le premier suspect à comparaître devant le tribunal spécial pour répondre à des accusations de meurtre et de torture.
