20.11.2003 - TPIR/GOUVERNEMENT II - LA DEFENSE DE CASIMIR BIZIMUNGU MET EN DOUTE LA CREDIBILITE D’ U

Arusha 20 novembre 2003 (FH) – La défense de l’ancien ministre rwandais de la santé sous le gouvernement intérimaire, Casimir Bizimungu, l’un des quatre accusés dans le procès dit « gouvernement II », en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a mis en doute jeudi la crédibilité d’un témoin à charge.

Casimir Bizimungu est co- accusé avec ses anciens collègues de la fonction publique, Prosper Mugiraneza, des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka et du commerce, Justin Mugenzi.

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Le belge Eric Serge Rousseau, deuxième témoin de l’accusation dans cette affaire, a vu la famille de sa mère juive décimée durant l’holocauste juif. C’est cette douloureuse expérience qui a motivé son départ pour le Rwanda, en tant que volontaire, à la fin juillet 1994.

Après avoir sillonné le pays, dans le cadre d’une commission mise en place par le nouveau gouvernement rwandais, il a écrit l’un des tout premiers rapports sur le drame rwandais. Les conclusions du rapport mettent en cause les accusés.

L’avocate canadienne de Casimir Bizimungu, Michelyne Chénard Saint Laurent, n’est pas convaincue de l’objectivité du travail de Rousseau.

« Comment le citoyen belge que vous êtes a-t-il tout abandonné pour se rendre en volontariat au Rwanda en juillet 1994 ? », a demandé Me Saint Laurent.

Le témoin a répondu que la tâche lui tenait à cœur parce que les événements du Rwanda lui rappelaient ce qu’avait vécu la famille de sa mère.

L’avocate a par ailleurs relevé que M. Rousseau entretenait, dès 1989, des relations avec des membres de la communauté rwandaise de Bruxelles qui peuvent l’avoir influencé dans son travail.

Il a indiqué que ses amis rwandais « n’avaient pas d’étiquette politique » qui aurait pu les amener à se mêler de ses activités.

« N’avez- vous jamais été payé par le gouvernement du FPR ? » (Front patriotique rwandais), ex-rébellion aujourd’hui au pouvoir, a encore demandé Me Saint Laurent.

Le témoin a répondu que le gouvernement lui avait seulement accordé pendant un certain temps un logement de fortune et des frais de mission.

L’avocate a encore voulu savoir si des membres de la commission Rousseau n'avaient pas rencontré lors de leur enquêtes des représentants d’Ibuka (la principale association de rescapés du génocide).

« Je ne peux pas le jurer », a indiqué le témoin.

Me Saint Laurent poursuit vendredi son contre- interrogatoire.

Les autres équipes de défense le contre-interrogeront par la suite.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge Asoka de Zoysa Gunawardana du Sri Lanka, assisté des juges Khalida Rashid Khan du Pakistan et Lee Gacuiga Muthoga du Kenya.

ER/CE/FH (GVII'1120'A)