31.03.2003 - TPIR/CYANGUGU - BAGAMBIKI AFFIRME AVOIR SAUVE DES REFUGIES DURANT LE GENOCIDE

Arusha, le 31 mars, 2003 (FH) - l'ancien préfet de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), Emmanuel Bagambiki, a affirmé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), avoir sauvé des Tutsis qui s'étaient réfugiés à l'église de Nyamasheke durant les massacres de 1994.

l'accusé témoigne pour sa propre défense depuis mercredi dernier.

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Il a indiqué avoir appris, par le biais du sous-préfet de Rwesero, qu'un groupe D'assaillants s'apprêtait à attaquer la paroisse de Nyamasheke. "J'ai immédiatement appelé la gendarmerie et un détachement a été dépêché à la paroisse", a-t-il dit.

"Les gendarmes ont tout fait pour défendre les réfugiés", a poursuivi l'ancien responsable administratif, ajoutant qu'il avait lui-même essayé de prévenir les attaques en organisant des missions de pacification dans différentes localités de la préfecture ou en mettant sur pied des commissions de sécurité qui devaient lui faire rapport.

Bagambiki a par ailleurs nié avoir distribué des armes aux fonctionnaires de l'usine à thé de Shagasha, tel que le prétend l'accusation. "Des armes ont été distribuées dans des endroits proches des zones de combat, et Cyangugu n'en faisait pas partie", a-t-il soutenu.

Appui de l'église catholique
l'accusé a déclaré avoir toujours cherché l'appui de l'église catholique pour mener à bien son œuvre de pacification à tous les niveaux, de la préfecture à la cellule.

Selon Bagambiki, les signes avant-coureurs de troubles étaient apparus dès février 1994, au lendemain de la mort D'un certain Martin Bucyana, leader D'un parti extremiste pro-Hutu, la Coalition pour la Défense de la République (CDR). C'est à cette période qu'il avait commencé les campagnes de pacification.

"Nous avons associé l'église en raison de son autorité morale; elle était écoutée et respectée…c'était un grand succès, nous parlions le même langage de paix, de tolérance et de respect de la vie".

Il a également nié, tel que l'allègue le parquet, avoir été impliqué dans les massacres de la région de Bugesera en 1992, au moment où il était préfet de Kigali rural. Il a plaidé que ses efforts de ramener la paix dans cette région lui avaient plutôt valu le sobriquet de "pompier" de Bugesera.

Bagambiki est co-accusé avec l'ancien ministre des transports et communications sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, ainsi que l'ancien commandant du camp militaire de Karambo, à Cyangugu, le lieutenant Samuel Imanishimwe. Ils sont poursuivis pour les massacres perpétrés dans cette région durant le génocide de 1994. Ils plaident non coupable.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Williams de Saint Kitts et Nevis, assisté des juges russe, Yakov Ostrovsky, et slovène Pavel Dolenc.

Bagambiki poursuit sa déposition mardi.

GA/KN/CE/GF/FH (CY'0331A)