Les autorités judiciaires mexicaines ont envoyé à l'Université d'Innsbruck, en Autriche, 16 fragments humains pour déterminer s'ils appartiennent à certains des 43 étudiants disparus en 2014 à Ayotzinapa, une affaire qui avait soulevé l'indignation dans le monde entier.
Ces restes osseux sont le troisième lot envoyé par le parquet mexicain à l'Université d'Insbruck pour des analyses d'ADN dans le cadre de l'enquête sur les disparitions. Cette université a déjà identifié deux des disparus dans le passé.
Un total de 82 personnes ont été arrêtées à ce jour dans cette affaire, qui porte sur la collusion présumée de la police mexicaine avec des trafiquants de drogue pour agresser, kidnapper et faire disparaître les étudiants.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, plusieurs dizaines d'étudiants de l'école de formation des maîtres d'Ayotzinapa s'étaient rendus jusqu'à la ville proche d'Iguala (Etat de Guerrero) pour "réquisitionner" des autobus afin d'aller à Mexico, où ils souhaitaient participer à une manifestation.
Arrêtés par la police, 43 jeunes ont ensuite disparu et n'ont jamais été retrouvés. Les autorités avaient jusqu'ici accusé un cartel de narcotrafiquants qui auraient pris les étudiants pour des membres d'un gang concurrent et les auraient fait abattre par des hommes armés.
Cette version officielle, présentée en janvier 2015 par le gouvernement du président de l'époque, le conservateur Enrique Peña Nieto (2012-2018), avait été rejetée par les proches des étudiants et des experts indépendants de la Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH).
L'actuel président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador a créé une Commission de Vérité et ordonné l'ouverture d'une nouvelle enquête qui devait "repartir de zéro".
