La police croate a déposé mardi une plainte contre deux anciens policiers rebelles serbes accusés des assassinats de deux journalistes russes pendant le conflit en Croatie dans les années 1990, lors duquel plus de 20 journalistes avaient perdu la vie.
Viktor Noguine et Guennadi Kourinnoï, qui travaillaient à l'époque pour la télévision d'Etat soviétique, ont été tués par balles dans le centre de la Croatie le 1er septembre 1991 par un des ex-policiers, alors membre des forces serbes qui combattaient les forces croates, a indiqué la police dans un communiqué.
Des hommes de cette unité de police rebelle auraient ouvert le feu sur le véhicule, portant des plaques d'immatriculation diplomatiques, à bord duquel se trouvaient Viktor Noguine, 43 ans, et Guennadi Kourinnoï, 41 ans, habillés en civil, qui revenaient d'une mission dans une zone de combats.
Lorsque le véhicule s'est arrêté, l'un des suspects, âgé de 26 ans au moment des faits, aurait pris les passeports et les cartes de presse des journalistes avant de les abattre.
Le deuxième suspect, 33 ans à l'époque, était le commandant de cette unité et n'a rien fait pour empêcher le crime, survenu près de la ville Hrvatska Kostajnica, selon la police, qui affirme qu'il a aidé à couvrir les faits.
Les rebelles auraient ensuite incendié le véhicule avant de s'en débarrasser près d'une rivière avec les corps des deux journalistes. L'épave de la voiture a été découverte en 1992, mais pas les corps des deux reporters.
La police a déposé une plainte pour crime de guerre contre la population civile auprès du procureur régional à Zagreb. Selon des médias locaux, les deux suspects ne sont plus en Croatie et vivent désormais en Serbie et en Bosnie voisines.
Une plaque commémorative a été inaugurée en 2011 près du lieu ou les journalistes ont été tués.
En 2017, le président russe Vladimir Poutine a décoré les deux reporters de la médaille du courage à titre posthume, selon le Moscow Times.
La proclamation de l'indépendance de la Croatie a provoqué un conflit (1991-95) avec les Serbes de Croatie, soutenus par Belgrade qui s'opposait à cette décision de Zagreb.
Plus de 20 journalistes, dont six étrangers, ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions au cours de cette période, selon l'Association des journalistes de Croatie.
