Colombie: le regain de violence cause de la malnutrition chez les peuples autochtones

1 min 42Temps de lecture approximatif

La reprise du conflit armé avec les groupes rebelles en Colombie malgré l’accord de paix avec la guérilla des FARC en 2016, provoque de graves problèmes de malnutrition parmi les communautés indigènes et noires du pays, selon un rapport rendu public vendredi.

« Les dynamiques imposées par les acteurs armés dans ces territoires, comme les restrictions de déplacement ou la dissémination de mines et d’engins explosifs, ou simplement la peur, font que les gens perdent la capacité de se procurer de la nourriture », a expliqué à l’AFP Nicolas Dotta, coordinateur de la section colombienne de Médecins du monde.

Le rapport intitulé « La santé dans le conflit colombien » élaboré par l’ONG, en collaboration notamment avec l’Université nationale de Colombie, a été remis à la Commission de la vérité qui enquête sur les crimes du conflit armé dans le cadre de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP).

Il pointe notamment la situation des populations afro-descendantes et autochtones de Choco (nord), à la frontière avec le Panama, ainsi que celle de l’ethnie Awa, dans le département de Nariño (ouest), à la frontière avec l’Equateur.

Dans le Choco, les affrontements entre guérillas, paramilitaires et forces gouvernementales « violent le droit à la santé des communautés et leur accès à la nourriture et à l’eau potable », indique le rapport.

La malnutrition chronique a été aggravée par les épidémies de paludisme et de tuberculose qui persistent dans cette jungle, où 89% de la population est noire et indigène, et qui renferme des mines d’or clandestines.

Dans les montagnes de la jungle de Nariño, les Awa souffrent de la dépossession de leurs terres, situées dans des zones de culture de coca.

« Les pulvérisations aériennes de glyphosate (…) visant à détruire les cultures illicites », aujourd’hui suspendues, et les pressions exercées par les groupes armés « pour qu’ils poursuivent la culture de la coca au détriment de leurs propres cultures de subsistance » ont réduit leur accès à la nourriture, note le rapport qui considère les Awa « en danger d’extermination physique et culturelle ».

« Actuellement, nous nous trouvons dans une situation de crise humanitaire due à la guerre qui s’intensifie » dans nos territoires, a déclaré un représentant Awa, Robinson Pai, lors de la présentation du rapport.

Un nouveau cycle de violence est apparu en Colombie avec l’expansion des trafics de drogues et de groupes armés hérités des paramilitaires de droite, des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui n’ont pas adhéré à l’accord de paix et des rebelles de l’Armée de libération nationale (ELN), la dernière guérilla active dans le pays.