Canada: une ex-procureure du TPI va enquêter sur le harcèlement sexuel dans l'armée

L'ancienne procureure du Tribunal pénal international (TPI), Louise Arbour, va mener une enquête indépendante sur la gestion des cas de harcèlement sexuel dans l'armée canadienne, y compris ceux visant deux anciens chefs d'état-major, a annoncé jeudi le ministre de la Défense.

Le ministre Harjit Sajjan a précisé que l'ancienne Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme et ex-juge à la Cour suprême du Canada formulerait des recommandations pour la mise en place d'un système de signalement des plaintes, indépendant de la chaîne de commandement militaire.

"Il est clair que nous n'avons pas assumé notre responsabilité de protéger les militaires contre le harcèlement et les comportements déplacés", a reconnu le ministre Sajjan lors d'une conférence de presse.

Il est "essentiel", a-t-il dit, que l'armée construise "une véritable culture d'inclusion, où chacun est traité avec dignité et respect".

"Nous sommes engagés dans un changement durable pour nous débarrasser des valeurs, des pratiques et des politiques toxiques et dépassées qui ont nui à nos membres".

Depuis des mois, des accusations de comportements déplacés dans l'armée mettent à mal la politique "féministe" du gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau.

L'opposition cherche notamment à savoir ce qui a été fait au sujet des allégations de comportement sexuel inapproprié envers des subordonnées visant l'ancien chef d'état-major Jonathan Vance.

M. Vance, qui a pris sa retraite en janvier avant que ces allégations soient rendues publiques, a nié tout acte répréhensible.

Son successeur, l'amiral Art McDonald, s'est également retiré, quelques semaines après sa nomination, après l'ouverture d'une enquête sur des accusations distinctes mais de même nature le concernant.

Une précédente commission d'enquête avait conclu il y a cinq ans à l'existence d'un "climat de sexualisation" dans l'armée canadienne, créant "un milieu hostile aux femmes (...) et propice aux incidents graves que sont le harcèlement sexuel et l'agression sexuelle".

Au cours des cinq dernières années, 581 cas d'agression sexuelle et 221 de harcèlement sexuel ont été signalés dans les Forces armées canadiennes, selon des chiffres du ministère publiés cette semaine.

"Les auteurs de ces actes (devront) rendre des comptes", a promis le ministre de la Défense.

ast-jl/iba

TPI

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