La dégradation de la situation au Proche-Orient - heurts entre Palestiniens et policiers à Jérusalem, tirs de roquettes sur Israël, frappes sur Gaza - ont suscité de nombreuses réactions, de l'appel de Washington à la "désescalade" à la condamnation d'Israël par des pays arabes.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni lundi en urgence, mais sans s'entendre sur une déclaration commune, les Etats-Unis jugeant qu'un "message public n'était pas opportun à ce stade", selon des diplomates.
- Washington -
Le secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken a appelé à la "désescalade". "La violence doit cesser, toutes les parties doivent engager une désescalade, réduire les tensions, prendre des mesures concrètes pour calmer le jeu", a-t-il insisté.
- Grande-Bretagne -
"Nous avons besoin d'une désescalade immédiate de tous les côtés, et d'arrêter de cibler les populations civiles", a lancé le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.
- France -
La France a mis en garde contre une "escalade de grande ampleur".
"La France appelle l'ensemble des acteurs à faire preuve de la plus grande retenue et à s'abstenir de toute provocation pour permettre un retour au calme dans les plus brefs délais", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
- Union européenne -
"Nous sommes profondément préoccupés par les récents affrontements et la violence", a déclaré le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell.
"Il est important que tout soit fait pour éviter d'alimenter les tensions", a-t-il ajouté.
- Allemagne -
Berlin, par la voix de son chef de la diplomatie, a appelé "toutes les parties" à "éviter de nouvelles victimes civiles".
"Rien ne justifie le tir de roquettes sur la population civile israélienne", a ajouté sur Twitter Heiko Maas, pour qui ces tirs ne conduisent "certainement pas à la résolution du conflit" mais plutôt à une "nouvelle escalade insensée".
- Turquie -
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné ce qu'il a qualifié de "terrorisme" israélien à Jérusalem.
M. Erdogan a en outre affirmé qu'il ferait "tout ce qu'il peut pour mobiliser le monde, notamment musulman, pour mettre fin au terrorisme et à l'occupation israéliens", selon la présidence turque.
- Iran -
"Il n'a pas suffi au régime israélien de voler les terres et les maisons des gens, de créer un régime d'apartheid et de refuser de vacciner les civils sous occupation illégale. Il a dû tirer sur des fidèles innocents à l'intérieur de la troisième mosquée la plus sacrée de l'Islam", a déclaré sur Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif.
L'Iran avait exhorté samedi les Nations unies à condamner ce qu'il a appelé un "crime de guerre" d'Israël à Jérusalem.
- Egypte -
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné "fermement la nouvelle incursion des forces israéliennes dans la Mosquée Al-Aqsa".
- Autres pays arabes -
Des pays arabes, dont plusieurs ayant récemment normalisé leurs relations avec Israël --Soudan, Maroc, Emirats arabes unis et Bahreïn-- ou l'Algérie, soutien inconditionnel de la cause palestinienne, ont dénoncé ce week-end les agissements de l'Etat hébreu.
Le ministère soudanais des Affaires étrangères a notamment qualifié samedi les mesures prises contre les Palestiniens à Jérusalem de "répression" et d'"action coercitive".
Abou Dhabi a appelé les autorités israéliennes à "assurer la responsabilité d'une désescalade" de la violence autour de l'esplanade des Mosquées.
L'Algérie a, elle, condamné les "attaques racistes et extrémistes enregistrées dans la ville occupée d'Al-Qods (Jérusalem en arabe, NDLR)".
Et le roi Abdallah II de Jordanie a "condamné" dimanche "les violations israéliennes et les pratiques menant à l'escalade (des tensions) autour de la mosquée Al-Aqsa".
- Pape -
Le pape François a appelé dimanche à la fin des violences à Jérusalem.
"La violence engendre seulement la violence. Arrêtons ces heurts", a-t-il lancé dans un message dominical après la prière.
Il a appelé les parties à faire en sorte "que l'identité multireligieuse et multiculturelle de la ville sainte puisse être respectée et que la fraternité puisse prévaloir".
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