LE PROCUREUR DU TPIR ET LES RESCAPES DU GENOCIDE PROMETTENT DE REGLER LES DIFFERENDS

Kigali, 13 novembre, 2003 (FH) Le nouveau procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le Gambien Bubacar Hassan Jallow, et les associations de rescapés du génocide sont tombés d'accord mercredi à Kigali sur les voies et moyens de commencer à résoudre les différends qui opposent depuis un certain temps les deux parties.

"Nous sommes en train d'établir de nouvelles relations", a déclaré à la presse Bubacar Jallow, à la sortie d'une réunion avec les représentants des rescapés, la première depuis sa nomination en août dernier.

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"Ils représentent une grande composante[&] Leurs préoccupations au sujet du processus sont d'une importance capitale pour nous", a-t-il ajouté. Bubacar Hassan Jallow est arrivé à Kigali lundi en compagnie de son adjoint, le Sud-Africain Christopher Bongani Majola.

"Nous commençons sous de meilleurs auspices", a pour sa part indiqué François Ngarambe, président du collectif d'associations de rescapés, Ibuka.[Souviens-toi] "Il a promis d'examiner nos préoccupations afin que nous puissions reprendre notre coopération avec le Tribunal", a poursuivi François Ngarambe.

"Ceci est tout juste un début", a de son côté précisé Dancilla Mukandori, présidente d'AVEGA, une association de veuves du génocide.

"Il a promis d'examiner ce qui a mal fonctionné par le passé afin que nous puissions bien démarrer. Mais ceci ne nous empêchera pas de relever un quelconque dysfonctionnement du Tribunal", a souligné Mme Mukandoli. AVEGA a été une des organisations qui ont le plus critiqué le TPIR.

Les relations entre le TPIR et les associations de rescapés du génocide anti-tutsi de 1994 ont été tendues depuis le début de l'année 2002. Ces associations accusaient notamment le TPIR d'être lent au niveau des procès, de harceler les témoins à charge en particulier lors des contre-interrogatoires et d'employer des suspects de génocide.

Le TPIR, pour sa part, accusait le gouvernement rwandais de ne pas coopérer dans des enquêtes contre des éléments de son armée suspectés d'avoir commis des crimes de guerre en 1994.

Conséquence de cette situation: plusieurs témoins venant du Rwanda ont manqué à l'appel, entraînant le report de quelques procès. Bien que les survivants du génocide aient par après accepté de venir témoigner à Arusha, les associations n'ont jamais indiqué qu'ils reprenaient officiellement leur coopération avec la juridiction internationale.

Jeudi, Bubacar Hassan Jallow doit rencontrer le président rwandais Paul Kagame. Des analystes politiques à Kigali estiment que la rencontre avec le président sera la plus déterminante pour l'avenir des relations entre les deux parties.

Mercredi, Bubacar Jallow s'est également entretenu avec le procureur général du Rwanda, Gérald Gahima. Il prévoit également une réunion avec le personnel du TPIR à Kigali. Il regagnera Arusha vendredi.

AT/GG/FH(RW'1113A)