L'embrasement entre Israël et les Palestiniens

Israël et des groupes armés palestiniens menés par le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, sont engagés depuis le 10 mai dans une escalade militaire inédite depuis l'été 2014.

- Début du conflit -

Le 10 mai au soir, le Hamas lance vers Israël plusieurs salves de roquettes de la bande de Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien depuis près de 15 ans, en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international.

Ces tirs interviennent au quatrième jour d'affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à Jérusalem-Est. Les heurts, sur fond de menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs, ont fait plus de 900 blessés palestiniens.

L'armée israélienne mène en représailles des frappes meurtrières sur l'enclave palestinienne. Le Hamas a franchi "une ligne rouge", déclare le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le lendemain, le Hamas tire un barrage de roquettes vers Tel-Aviv après la destruction à Gaza d'un immeuble dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux.

Israël et le Hamas se dirigent vers une "guerre à grande échelle", prévient l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland.

- Emeutes dans des villes "mixtes" d'Israël -

Le 11 également, les villes "mixtes" israéliennes, où vivent Juifs et Arabes israéliens, connaissent un accès de violence.

Représentant environ 20% de la population d'Israël, les Arabes israéliens sont des Palestiniens restés sur leur terre à la création de l'Etat hébreu en 1948.

A Lod, près de Tel-Aviv, l'"état d'urgence" est décrété après que la police eut fait état d'"émeutes", à la suite de la mort violente d'un Arabe israélien. Des violences ont lieu dans d'autres localités arabes israéliennes.

Plus de 400 personnes, juives et arabes, sont arrêtées.

- Chars et blindés près de Gaza -

Le 12, la Russie appelle à une réunion d'urgence du Quartette sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU).

Le lendemain, Israël masse des blindés le long de la barrière de séparation avec la bande de Gaza.

Le 14, les hostilités s'étendent à la Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Selon un bilan palestinien, les affrontements avec l'armée israélienne ont fait depuis 20 morts.

L'émissaire américain, en charge des relations israélo-palestiniennes, Hady Amr, arrive à Jérusalem.

- Frappes sur des locaux de médias -

Le 15, un immeuble de la ville de Gaza qui abritait notamment la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) et qui venait d'être évacué, est pulvérisé par l'aviation israélienne.

Selon Reporters sans frontières (RSF), qui a saisi la Cour pénale internationale (CPI), "depuis une semaine, les locaux de 23 médias locaux et internationaux ont été détruits par des frappes aériennes israéliennes ciblées".

- Journée sanglante à Gaza -

Le 16, les frappes israéliennes tuent 42 Palestiniens à Gaza, dont au moins huit enfants. Bilan le plus lourd en une seule journée, selon le ministère de la Santé à Gaza.

L'armée israélienne annonce avoir attaqué le domicile du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar.

Dans la soirée, une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, fait plusieurs blessés.

Dans la nuit, l'aviation israélienne pilonne des dizaines de fois l'enclave palestinienne, où le Hamas au pouvoir et d'autres groupes armés tirent des roquettes vers Israël.

- Washington rejette un 3e projet de déclaration -

Le 17, le Jihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, annonce la mort d'Hossam Abou Harbid, l'un de ses commandants, dans une frappe.

Les Etats-Unis s'opposent, pour la troisième fois en une semaine, à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à "une cessation des violences" et à "la protection des civils, notamment les enfants", selon des diplomates.

Depuis le 10 mai, plus de 210 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1.400 blessés.

Les groupes armés palestiniens, dont le Hamas, ont tiré plus de 3.400 roquettes vers Israël depuis le début des hostilités. Dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées.

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