La procureure générale sortante de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a demandé mercredi aux autorités soudanaises de transition de livrer Ahmed Haroun, accusé d'atrocités au Darfour, pour être jugé avec un autre responsable du régime de l'ex-président Omar el-Béchir.
Ahmed Haroun, recherché par la CPI pendant plus d'une décennie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre lors du conflit qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2003 au Darfour, a occupé plusieurs postes gouvernementaux sous le régime de M. Béchir.
Le CPI a émis en 2007 un mandat d'arrêt le visant, avec 42 chefs d'accusation dont meurtre, viol, torture, persécution et pillage.
M. Haroun, ainsi que plusieurs autres figures du régime Béchir, a été arrêté au Soudan après la chute de l'ex-président, destitué en 2019 sous la pression de la rue et lui-même recherché par la CPI pour son rôle dans le conflit du Darfour.
Les juges de la CPI, qui doivent confirmer les chefs d'accusation, "doivent rendre leur décision d'ici à la fin du mois de juillet", a dit Mme Bensouda lors d'une conférence de presse à Khartoum après sa première visite au Darfour depuis que la cour a décidé d'enquêter sur le conflit sanglant il y a 16 ans.
"C'est la fenêtre de tir dont nous disposons en ce qui concerne Haroun", a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que M. Haroun serait renvoyé devant la cour avec les mêmes chefs d'accusation qu'Ali Kosheib, chef des milices Janjawid impliquées dans les atrocités au Darfour, recherché depuis 2007 et qui s'est livré à la CPI l'an dernier.
"Il serait idéal qu'ils soient jugés ensemble", a-t-elle déclaré.
Le gouvernement de transition, au pouvoir depuis août 2019, a mené des pourparlers avec la CPI sur les possibilités de jugement de M. Béchir et son entourage pour leur rôle au Darfour.
Mme Bensouda a dit avoir eu des discussions "positives" et "constructives" avec les responsables soudanais au sujet d'un possible transfert de M. Béchir et d'autres anciens responsables à la CPI en vue d'être jugés.
Si le procès de M. Béchir doit avoir lieu au Soudan, Khartoum "doit démontrer concrètement que c'est possible de le faire au Soudan", a-t-elle ajouté.
