Kigali NE VEUT PAS INTIMIDER LES AVOCATS, SELON SON REPRESENTANT AU TPIR

Arusha, le 7 mars 2001 (FH) - Le gouvernement n'entend pas intimider les avocats de la défense, a déclaré mercredi à Arusha son représentant auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Le représentant du Rwanda auprès du TPIR, Martin Ngoga, qui a tenu une conférence de presse, réagissait à une déclaration faite le 28 février dernier, dans le procès des médias, par un avocat de la défense, selon laquelle les autorités rwandaises tentaient de s'immiscer dans la procédure.

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L'avocat américain Me John Floyd, conseil principal dans l'affaire de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, avait ajouté à cette déclaration qu'il ne se laisserait pas intimider par le gouverment de Kigali.

Tout avait commencé par une interview du ministre rwandais de la justice, Jean de Dieu Mucyo, diffusée dans la presse, au cours de laquelle il se plaignait notamment du traitement que subirait les témoins rwandais du parquet lors de leurs contre-interrogatoires par les avocats de la défense. Jean de Dieu Mucyo s'exprimait au terme d'une rencontre entre avec le greffier sortant du TPIR, le Nigérian Agwu Ukiwe Okali, qui était accompagné de son successeur, le Sénégalais Adama Dieng.

Martin Ngoga a expliqué que les remarques de l'officiel rwandais ne visait aucun avocat en particulier, ajoutant qu'il s'agissait d'un rappel de préoccupations exprimées déjà antérieurement à la rencontre avec les deux responsables du TPIR.

Martin Ngoga a souligné la disponibilité du Rwanda à coopérer pleinement avec les avocats de la défense, expliquant qu'ils sont là pour une cause légitime. Le représentant du gouvernement rwandais a ajouté que le comportement individuel d'un quelconque avocat ne peut nullement influer sur les relations entre son gouvernement et l'ensemble des équipes de la défense.

Martin Ngoga a déploré au passage qu'un avocat aurait, à l'occasion d'une soirée dansante, déclaré que le gouvernement rwandais était dirigé par "des criminels", qualifiant cela d'offense.

Martin Ngoga a par ailleurs réitéré la position du gouvernement rwandais relativement aux sites internet acquis par certains détenus du TIR, indiquant que la juridiction internationale n'avait pas besoin de changer ses règles pour les contrôler. Martin Ngoga a relevé que les responsables du centre de détention ont le devoir de vérifier tous les documents qui en sortent, présumant que si cela n'était pas fait, ce serait par négligence ou même corruption.

Le représentant du Rwanda s'est également exprimé sur le recrutement du personnel rwandais au sein du e TPIR, mettant l'accent sur les enquêteurs de la défense. Martin Ngoga a indiqué que le gouvernement rwandais n'entend pas s'ingérer dans la procédure de recrutement au TPIR mais que ce qu'il lui demande c'est de faire une investigation préalable en vue de s'assurer qu'il ne recrute pas des "Interahamwe".

Martin Ngoga a signalé que son gouvernement ne visait aucun enquêteur en personne mais qu'il s'agissait d'une suggestion de type global pour éviter que le TPIR ne recrute un jour un agent qui aurait été impliqué dans le génocide anti-tutsi de 1994.

AT/PHD/FH(RW0307c)