Un juge examine à partir de lundi la demande de placement en détention préventive de la candidate à la présidentielle Keiko Fujimori, soupçonnée de blanchiment d'argent, alors que le Pérou ne connaît toujours pas l'issue du scrutin du 6 juin.
L'audience virtuelle est programmée pour à partir de 15H00 heure locale (20H00 GMT) et doit réunir Mme Fujimori, ses avocats et le procureur anticorruption José Domingo Pérez qui a demandé son placement en détention.
Le juge a jusqu'à trois jours pour rendre sa décision, mais pourrait en faire part avant ce délai.
Le procureur José Domingo Pérez a demandé le 10 juin que la liberté conditionnelle dont jouit la candidate de la droite populiste soit "révoquée" et a demandé "à nouveau une détention préventive" à son encontre.
Il lui reproche d'avoir rencontré un témoin dans une affaire de blanchiment d'argent et de financement illicite de ses campagnes présidentielles passées pour laquelle elle a déjà effectué 16 mois de prison préventive.
"Une fois de plus, l'accusée ne respecte pas les restrictions de communication avec les témoins puisqu'il a été constaté comme un fait public et notoire qu'elle communique avec le témoin Miguel Torres Morales", avait argumenté le procureur.
Mme Fujimori a pu se présenter à l'élection bien qu'elle fasse l'objet d'une enquête sur de présumés pots-de-vin reçus de la société de BTP brésilienne Odebrecht pendant ses campagnes de 2011 et 2016, des accusations qu'elle rejette.
Libérée de prison en mai 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, elle a interdiction de voyager hors du Pérou ou de communiquer avec des coaccusés ou des témoins dans cette affaire.
Au terme de 28 mois d'enquête, le procureur Pérez a inculpé 41 autres personnes pour des délits présumés de "crime organisé, blanchiment d'argent, entrave à la justice, fausse déclaration".
Si elle échoue une troisième fois au second tour de la présidentielle, Keiko Fujimori, 46 ans, sera jugée dans le cadre de cette affaire pour laquelle le parquet a requis contre elle fin mars 30 ans de prison.
Son rival Pedro Castillo, un instituteur et syndicaliste de 51 ans, candidat de la gauche radicale, est en tête du deuxième tour avec 50,12% des suffrages, soit une avance d'environ 44.000 voix.
Le Jury national électoral (JNE), qui doit proclamer les résultats, étudie encore les recours déposés par les candidats.
La fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l'humanité, est persuadée de pouvoir inverser le résultat.
La décision du JNE pourrait prendre encore plusieurs jours.
