Du lancement d'une intervention armée par le gouvernement il y a sept mois à la frappe aérienne qui a fait plusieurs dizaines de morts mardi, voici un rappel des dates marquantes du conflit dans la région éthiopienne du Tigré (Nord).
- Intervention militaire
Après des mois de tensions, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed annonce le 4 novembre 2020 le lancement d'une opération militaire contre les autorités du Tigré, qu'il accuse d'avoir attaqué deux bases de l'armée fédérale dans la région.
Le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), à la tête de la région et qui a dominé la vie politique nationale pendant près de 30 ans, dément ces attaques.
Le 9 novembre, M. Abiy, lauréat 2019 du prix Nobel de la paix, notamment pour avoir réconcilié l'Ethiopie avec l'Erythrée voisine, promet que l'intervention sera rapidement terminée.
Des dizaines de milliers de personnes se réfugient au Soudan voisin. L'Union africaine (UA) et l'ONU appellent à la fin du conflit.
- Possibles "crimes de guerre"
Le 13, après dix jours de combats, l'ONU demande une enquête sur de possibles "crimes de guerre", puis s'alarme le 17 d'une "crise humanitaire à grande échelle" en cours à la frontière entre le Soudan et l'Ethiopie.
Des informations commencent à faire état de la présence de troupes venues d'Erythrée, ennemi juré du TPLF.
- Chute de Mekele
Le 26, M. Abiy ordonne le lancement de l'offensive finale contre la capitale régionale Mekele, fief du TPLF. Deux jours plus tard, il annonce contrôler la ville et affirme que l'opération militaire est "terminée".
Mais les combats se poursuivent, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire.
- "Nettoyage ethnique"
Le 26 février 2021, Amnesty International accuse des soldats érythréens d'avoir tué "des centaines de civils" en novembre 2020 dans la ville sainte d'Aksoum, dans le nord du Tigré.
En mars, l'AFP rend compte de témoignages sur un autre massacre qui aurait également été commis en novembre par les troupes érythréennes, à Dengolat.
Le 10 mars, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dénonce des "actes de nettoyage ethnique".
- Déni -
Pendant des mois, Addis Abeba et Asmara nient toute présence militaire érythréenne au Tigré.
Le 23 mars, le Premier ministre éthiopien reconnaît cette présence, puis annonce trois jours plus tard que les troupes érythréennes vont se retirer. M. Abiy semble également admettre qu'elles ont été impliquées dans des atrocités contre des civils.
La Commission éthiopienne des droits de l'Homme, organisme indépendant rattaché au gouvernement, confirme le massacre de plus de 100 personnes par des soldats érythréens à Aksoum en novembre.
Début avril, l'Ethiopie assure que l'évacuation des troupes érythréennes a commencé. Mais le 15, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires affirme que rien ne confirme ce retrait.
- "Désastre humanitaire" -
Le 22 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU se dit "profondément préoccupé" face aux accusations d'exactions, réclamant "un accès humanitaire sans entrave".
Le 26, Antony Blinken exhorte l'Ethiopie à réagir face à l'aggravation du "désastre humanitaire" au Tigré et appelle les troupes érythréennes à se retirer "de manière vérifiable".
Selon des documents du gouvernement éthiopien obtenus par l'AFP, des soldats érythréens bloquent et pillent de l'aide alimentaire au Tigré.
- Sanctions américaines -
Le 23 mai, Washington annonce l'imposition de restrictions de visa à des responsables érythréens et éthiopiens.
Le 27, le président américain Joe Biden condamne des violations des droits humains "inacceptables" au Tigré et exhorte à un cessez-le-feu immédiat.
- Famine -
Mi-juin, un responsable de l'ONU avertit que la famine au Tigré est en voie de propagation à d'autres provinces éthiopiennes.
Selon l'ONU, plus de 350.000 personnes sont en situation de famine au Tigré, ce que conteste le gouvernement éthiopien.
- Elections -
Le 21 juin, l'Ethiopie organise des élections législatives et régionales, des scrutins reportés sine die au Tigré.
- Marché bombardé -
Le 22, une frappe aérienne de l'armée éthiopienne touche un marché très fréquenté à Togoga, au nord-ouest de Mekele. L'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) condamnent ce bombardement, qui a fait au moins 64 morts et 180 blessés, selon un bilan des autorités régionales jeudi.
L'armée éthiopienne assure avoir visé des combattants du TPLF.
